Porté par le président Abdelmadjid Tebboune, le lancement simultané de l’Institut algérien de thérapie cellulaire et génique à Rahmania et de l’hôpital de cardiologie pédiatrique Omar-Boudjellab à Mahelma pose les bases d’une médecine de pointe, connectée et entièrement accessible sur le territoire national.
Le paysage médical algérien est en pleine mutation. En s’attaquant simultanément aux thérapies cellulaires de nouvelle génération et aux pathologies cardiaques complexes de l’enfant, les pouvoirs publics affichent une ambition claire : moderniser les infrastructures hospitalières, stimuler la recherche biomédicale et s’affranchir durablement de la dépendance aux soins à l’étranger.
Une nouvelle ère pour la prise en charge des pathologies complexes
Lors de la pose de la première pierre du futur Institut de thérapie cellulaire et génique à Rahmania, le chef de l’État a souligné la portée hautement stratégique de ces investissements. Selon lui, le pays s’apprête à entrer de plein-pied dans une nouvelle dimension de l’offre de soins. Ce pôle d’excellence aura pour mission principale de traiter des pathologies lourdes et complexes, jusqu’alors particulièrement difficiles à prendre en charge, à l’instar des cancers réfractaires et de certaines affections dermatologiques graves.
Afin de garantir le succès de cette transition technologique, le président Tebboune a mis en exergue l’excellence de la ressource humaine nationale. L’Algérie dispose de spécialistes et de chercheurs de haut niveau, parfaitement aptes à piloter ces protocoles de pointe. Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a d’ores et déjà été instruit de veiller au respect rigoureux d’un calendrier serré : l’acquisition des technologies médicales doit se faire en parallèle du chantier afin d’assurer une livraison clé en main dans un délai maximum de 16 mois.
Un institut dédié aux thérapies de nouvelle génération
Prévu pour être opérationnel en juillet 2027, l’Institut algérien de thérapie cellulaire et génique réunira des activités de soins, de recherche scientifique et de formation dans les domaines de la thérapie cellulaire, de la thérapie génique et de la médecine régénérative.
L’objectif est de créer un pôle d’excellence capable d’accompagner le développement de traitements innovants tout en renforçant les compétences nationales dans les biotechnologies médicales.
Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, avait indiqué que ce projet permettra à l’Algérie de se positionner parmi les pays pionniers de la région dans un domaine appelé à transformer durablement les pratiques médicales. Pour concrétiser cette ambition, le pays s’appuie sur des partenariats avec plusieurs institutions scientifiques internationales, dont le Karolinska Institutet, ainsi qu’avec des partenaires américains et chinois spécialisés dans les biotechnologies.
La thérapie cellulaire, une médecine porteuse d’espoir
La thérapie cellulaire représente aujourd’hui l’une des avancées les plus prometteuses de la médecine moderne. Contrairement aux traitements conventionnels qui ciblent principalement les symptômes, elle repose sur l’utilisation de cellules vivantes afin de réparer des tissus endommagés, restaurer certaines fonctions biologiques ou renforcer les défenses immunitaires.
Cette approche ouvre des perspectives importantes dans la prise en charge de cancers résistants, grâce notamment aux thérapies CAR-T, mais également de maladies neurodégénératives comme la maladie de Parkinson ainsi que de plusieurs pathologies chroniques.
Au-delà de son intérêt thérapeutique, le futur institut contribuera au développement de la recherche clinique et favorisera la production locale de traitements innovants, réduisant ainsi la dépendance aux importations.

Mahelma : le premier hôpital pédiatrique 100 % numérique
Parallèlement, l’inauguration de l’Établissement hospitalier spécialisé (EHS) en cardiologie et chirurgie cardiaque pédiatrique Omar-Boudjellab à Mahelma marque un tournant majeur pour la pédiatrie nationale. Cet hôpital de référence intègre les standards technologiques mondiaux les plus stricts.
Doté de 80 lits, cet établissement est présenté comme le premier hôpital entièrement numérisé d’Algérie. Il dispose d’équipements médicaux de dernière génération, d’un système de télémédecine, d’un plateau technique moderne ainsi que d’un pôle consacré à la formation et à la recherche.
Lors de cette inauguration, Abdelmadjid Tebboune a estimé que l’Algérie avait accompli, au cours des deux dernières années, des avancées majeures dans le secteur de la santé. Il a également salué le niveau de compétence des praticiens algériens, affirmant que les médecins algériens affichent, dans certains domaines, un niveau comparable, voire supérieur, à celui observé dans plusieurs pays européens.
Le chef de l’État a enfin réaffirmé la volonté des pouvoirs publics de soutenir et d’encourager les équipes médicales afin d’atteindre un objectif ambitieux : faire en sorte qu’aucun patient algérien ne soit contraint de se faire soigner à l’étranger, grâce au développement d’une offre de soins hautement spécialisée sur le territoire national.
Vers un écosystème de santé souverain et innovant
Ces projets d’envergure ne sont pas isolés ; ils couronnent une stratégie globale de modernisation. Celle-ci repose sur la généralisation du dossier médical électronique, le renforcement de la médecine de proximité et le dynamisme de l’industrie pharmaceutique locale. Avec près de 250 unités de production couvrant aujourd’hui plus de 80 % des besoins en médicaments essentiels, l’Algérie s’affirme comme un leader régional, prête à basculer vers l’ère des biotechnologies et de la médecine personnalisée.
Rania.N
