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Hantavirus : Mise en place d’un dispositif de suivi préventif

​Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient de notifier l’apparition d’un cluster de hantavirus à bord d’un navire de croisière international, le ministère de la Santé algérien ne perd pas de temps. Dans une instruction datée du 11 mai 2026, la Direction générale de la prévention et de la promotion de la santé a tracé une feuille de route rigoureuse pour parer à toute éventualité d’importation du virus Andes sur le territoire national.

Bien que le risque pour l’Algérie soit actuellement jugé « faible », les autorités sanitaires refusent tout triomphalisme. La mobilité internationale et la période d’incubation particulièrement longue du virus — pouvant atteindre six semaines — imposent une vigilance de tous les instants pour éviter des détections tardives.

Une pathologie redoutable sous haute surveillance

​Le hantavirus de l’espèce Andes n’est pas à prendre à la légère. Transmise principalement par l’inhalation d’aérosols contaminés par les excrétas de rongeurs, cette zoonose se distingue par une particularité inquiétante : c’est la seule de sa famille capable d’une transmission interhumaine, bien que limitée à des contacts étroits et prolongés.

​Sur le plan clinique, le tableau est sombre. La maladie peut évoluer vers un syndrome pulmonaire sévère avec un taux de létalité vertigineux, oscillant entre 40 et 50 %, notamment chez les populations fragiles. En l’absence de traitement antiviral spécifique, la précocité de la prise en charge reste l’unique rempart.

Le dispositif de « bouclier » sanitaire

​L’instruction ministérielle n°13 définit un dispositif organisationnel précis. Aux frontières, les postes de contrôle sanitaire (CSF) sont en première ligne. Ils ont pour mission de vérifier la disponibilité des équipements de protection, d’aménager des espaces d’isolement temporaires et de sensibiliser le personnel au sol aux procédures de notification immédiate.

​Au niveau local, chaque direction de la santé de wilaya (DSP) doit désormais désigner un « point focal » dédié. Ce dernier sera le chef d’orchestre de la riposte, chargé de la diffusion des directives et de la coordination des transferts vers les hôpitaux de référence. Les établissements hospitaliers sont, de leur côté, sommés de réactiver leurs protocoles d’accueil d’urgence et d’intégrer une question systématique sur l’historique des voyages lors du triage des patients.

Guerre déclarée aux rongeurs

​Au-delà de la menace immédiate du virus Andes, le ministère de la Santé entend profiter de cette mobilisation pour renforcer la lutte contre les zoonoses de manière globale. Rappelant que les rongeurs sont également vecteurs de la peste, de la leptospirose ou des salmonelloses, la tutelle exige une intensification des campagnes de dératisation en collaboration avec les services communaux.

​Une stratégie de « communication-éducation » sera également déployée pour sensibiliser les citoyens aux règles d’hygiène collectives. Pour le département de la Santé, la sécurité sanitaire du pays repose désormais sur une coordination intersectorielle sans faille. L’alerte est donnée : la prévention ne se négocie pas.

Encadré : Comment reconnaître un cas suspect ?

Le ministère définit comme « cas suspect » toute personne présentant une fièvre supérieure ou égale à 38°C, accompagnée de douleurs musculaires, de troubles gastro-intestinaux ou de détresse respiratoire, ayant fréquenté un moyen de transport où un cas a été identifié. Les prélèvements sont centralisés au Laboratoire national de référence de l’Institut Pasteur d’Algérie (Sidi-Fredj) pour confirmation par test RT-PCR.

Rania N.

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