Le ministère de la Santé a officialisé, jeudi, la certification de l’Algérie comme pays ayant éliminé le trachome en tant que problème de santé publique. Cette annonce, validée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), marque une étape charnière pour la santé oculaire en Algérie.
Le trachome, infection oculaire causée par la bactérie Chlamydia trachomatis, n’est plus une menace de santé publique sur le territoire national. Lors d’une cérémonie organisée au siège du ministère, le Pr Mohamed Seddik Aït Messaoudène a présenté les conclusions du rapport de validation, confirmant que l’Algérie a atteint les seuils d’élimination fixés par les instances internationales.
Un succès porté par une stratégie intégrée
Dans son allocution, le ministre a salué «un accomplissement national qui traduit une volonté politique affirmée et un engagement constant sur le terrain».
Loin d’être fortuite, cette réussite est l’aboutissement de plusieurs années de travail structuré, articulé autour d’une approche globale mêlant prévention, sensibilisation et traitement.
Longtemps considéré comme l’une des principales causes de cécité évitable, le trachome frappait surtout les populations des régions éloignées.
«Aujourd’hui, l’Algérie tourne définitivement cette page», a affirmé le ministre, mettant en avant la capacité du pays à relever des défis sanitaires complexes grâce à l’amélioration des conditions d’hygiène et au dépistage précoce.
Mobilisation collective et reconnaissance des acteurs de terrain
Le ministre a tenu à rendre un hommage appuyé à l’ensemble des intervenants : «Je salue le dévouement des professionnels de santé, des experts et des cadres qui ont rendu ce résultat possible, sans oublier le rôle crucial de la société civile dans la diffusion des bonnes pratiques sanitaires».
Les partenaires internationaux, en particulier les agences onusiennes, ont également été remerciés pour leur accompagnement technique. Pour le Pr Aït Mesbahdane, «cette coopération internationale a été déterminante dans l’atteinte des objectifs que nous nous étions fixés».
Préserver les acquis et anticiper les défis
Si la certification marque une étape majeure, elle n’en constitue pas pour autant une fin en soi. Le ministre a insisté sur la nécessité de rester vigilant : «Nous devons impérativement consolider ces acquis en renforçant la surveillance épidémiologique et en pérennisant nos programmes de prévention pour éviter toute résurgence de la maladie».
Ce succès est également perçu comme un levier pour intensifier la lutte contre d’autres pathologies. L’objectif affiché par le département de la santé est désormais d’élargir l’accès aux soins ophtalmologiques de qualité, notamment dans les zones les plus enclavées du pays.
Un modèle pour les politiques de santé publique
De son côté, le représentant de l’OMS a salué une «réussite exemplaire», soulignant que l’Algérie devient ainsi le dixième pays africain et le vingt-neuvième au monde à éliminer le trachome.
Plus qu’un succès médical, cette victoire est perçue comme un gain social et humain, renforçant la confiance dans les politiques publiques. Comme l’a conclu le ministre, cette réussite envoie un signal fort : avec une vision claire et une mobilisation collective, les défis sanitaires les plus complexes peuvent être relevés.
Rania N.
