L’intelligence artificielle redessine aujourd’hui les contours de l’imagerie médicale, en offrant des perspectives inédites en matière de diagnostic et de prise en charge. Pour Fayçal Djeridane, CEO de Oléa médical représenté par Aures Médical, l’enjeu dépasse largement la seule performance technologique.
«L’intelligence, c’est un accès universel», affirme-t-il lors de son intervention à l’occasion des 23e journées Algéro-française de radiologie et d’imagerie médicales organisées ce weekend à Alger, en mettant en avant une vision où chaque patient, même dans les zones les plus reculées, peut bénéficier d’une expertise de haut niveau.
A travers l’intitulé de sa conférence «L’innovation dans l’imagerie médicale : présent et futur», Fayçal Djeridane a esquissé une vision ambitieuse : faire de l’Algérie un pôle régional de l’intelligence artificielle appliquée à la santé. Une transformation portée par l’innovation, mais surtout par une approche adaptée aux réalités locales et centrée sur le patient.
Une ambition qui repose sur un objectif central à savoir garantir une «prise en charge homogène» sur l’ensemble du territoire. Une perspective qui n’est plus théorique. «Dans les endroits les plus reculés, on a réussi à le faire», a-t-il dit , évoquant des expériences menées dans des contextes complexes, preuve que ces solutions peuvent être déployées à grande échelle.
Dès lors, l’Algérie apparaît comme un terrain particulièrement propice. « Pourquoi on ne réussirait pas en Algérie, où c’est beaucoup moins compliqué ? », interroge l’expert, ouvrant même la voie à une ambition plus large, à l’échelle du continent africain.
Mais cette transformation ne peut se faire sans une adaptation fine aux réalités locales en utilisant les données locales, l’IA doit s’appuyer sur des données issues des hôpitaux algériens, afin de produire des résultats pertinents et fiables, a t-il insisté avant d’énumérer les nombreuses solutions développés par son entreprise notamment l’imagerie médicale sans contraste et autres solutions complète de post traitement multi constructeurs adaptées à tous les besoins en IRM Mammaire «permettant d’avoir des résultats rapides et fiables», a- t-il expliqué.

Autre point clé : la question des données. «Une intelligence artificielle développée ailleurs ne marchera pas en Algérie», insiste-t-il. En cause, des modèles conçus à partir de populations différentes, qui ne reflètent pas les spécificités locales.
Pour être efficace, l’IA doit s’appuyer sur des données issues des hôpitaux algériens, afin de produire des résultats pertinents et fiables.
Dans cette dynamique, Fayçal Djeridane a exhorté Médecins, ingénieurs et décideurs à unir leurs efforts pour construire un écosystème cohérent et efficace. «L’Algérie pourrait être le hub de l’intelligence artificielle pour l’Afrique et le Moyen-Orient», affirme-t-il. Une ambition forte, portée par des compétences locales et une volonté d’innovation: «Rien n’est impossible», a- t-il lancé.
À condition de structurer les efforts et de fédérer les énergies, l’intelligence artificielle en imagerie médicale pourrait bien transformer durablement le système de santé algérien, au bénéfice des patients et de toute une région.
Djamila Kourta
