Dans un panel consacré à l’investissement dans la santé en Afrique lors du Africa Press Day organisé par le laboratoire roche les 4 et 5 mars à Nairobi, des responsables du secteur pharmaceutique, des experts de santé publique et des décideurs politiques ont souligné l’importance stratégique de la santé pour le développement économique du continent.
Maturin Tchoumi, responsable des opérations pharmaceutiques pour l’Afrique chez Roche, a rappelé que le cancer représente un coût économique considérable pour les pays africains. Entre 2020 et 2023, près de «10 milliards de dollars de productivité ont été perdus dans sept pays africains à cause du cancer», a-t-il indiqué, soulignant que cette estimation ne concerne qu’une seule maladie.
Selon lui, investir dans la prévention, le dépistage et le traitement pourrait transformer ces pertes en gains économiques. Certaines études montrent d’ailleurs qu’«un dollar investi dans la santé des femmes peut générer jusqu’à 12 dollars de valeur économique». «L’avenir de l’Afrique en 2035 et 2040 dépendra de la priorité donnée à la santé», a-t-il insisté.
La santé, un investissement économique stratégique
Les participants au panel ont souligné que le cancer n’est pas seulement un défi sanitaire, mais aussi un frein à la compétitivité économique. Il réduit la participation au marché du travail, diminue les revenus des ménages et affaiblit les finances publiques.

Selon eux, investir dans la détection précoce, les infrastructures sanitaires et la production pharmaceutique locale permettrait notamment de prolonger la vie active des citoyens, de réduire les coûts de traitement, de préserver l’épargne des ménages, de renforcer la stabilité budgétaire des États, de limiter les dépenses liées aux soins à l’étranger, et de retenir les professionnels de santé sur le continent.
Pour les intervenants, la question n’est donc plus de savoir si les pays africains peuvent investir dans la santé, mais s’ils peuvent se permettre de ne pas le faire. «La santé n’est pas un luxe social, c’est un capital productif», ont-ils souligné.
Accélérer et coordonner les initiatives
Les experts ont notamment appelé à mieux coordonner les initiatives et à agir à grande échelle afin d’obtenir un impact mesurable sur les indicateurs de santé. «Il ne s’agit pas de réinventer la roue, mais d’aller plus vite, de mutualiser les ressources et d’être plus audacieux dans les investissements», a- t-on résumé.
Djamila Kourta
