La Fédération algérienne de la pharmacie (FAP) célèbre ses 10 ans d’existence lors de son 9ème Congrès national. Entre réformes, transition vers l’industrie 5.0 et nouveaux enjeux économiques, la profession redéfinit son rôle au cœur du système de santé national.
Le président de la FAP, le Pr Abdelhakim Boudis, a ouvert les travaux en traçant une feuille de route ambitieuse. Le thème de cette année, «Les pratiques pharmaceutiques en évolution vers des soins intégrés, personnalisés et centrés sur le patient», marque une rupture avec l’image traditionnelle du pharmacien.
Désormais, qu’il soit en officine, à l’hôpital, dans l’industrie ou la recherche, le pharmacien converge vers un objectif unique : la qualité de la prise en charge du patient. «L’unité de la profession est essentielle pour relever les défis sanitaires», a martelé le Pr Boudis.
L’industrie pharmaceutique algérienne : du local vers l’export
Le congrès a mis en lumière les progrès fulgurants de la production nationale. L’industrie algérienne ne se contente plus de couvrir les besoins locaux ; elle vise désormais l’exportation vers les marchés africains et arabes, le renforcement de la sécurité médicamenteuse régionale et l’excellence en matière de normes de qualité.
Médicaments innovants : le défi de l’accès et de l’évaluation
Entre l’arrivée de traitements innovants et la nécessité d’un système de santé pérenne, la Fédération algérienne de la pharmacie (FAP) place l’évaluation économique et l’accès aux soins au centre de ses débats.
Si l’Algérie enregistre l’arrivée de nombreux médicaments de pointe grâce aux récentes Autorisations de Mise sur le Marché (AMM), une question demeure : comment garantir l’accès de tous à ces traitements coûteux ? Pour Mohamed Yacine Achouri, Secrétaire Général de la FAP, ce congrès est le lieu privilégié pour définir les mécanismes de demain à savoir l’évaluation scientifique rigoureuse des nouveaux produits, fixation des prix équilibrée et l’accès équitable pour chaque patient, malgré la complexité des coûts.
Une synergie régionale et internationale
La pharmacie algérienne ne réfléchit pas en vase clos. Pour enrichir le débat sur l’évaluation des substances pharmaceutiques, le congrès s’appuie sur le partage d’expériences.
Des experts de Tunisie, de Jordanie et du Sénégal participent activement aux débats, permettant à l’Algérie de comparer ses modèles d’évaluation avec d’autres expériences internationales.
Rania N.
