L’Association algérienne des malades diabétiques d’Alger a lancé un appel pressant aux patients diabétiques afin de cesser immédiatement l’utilisation de certains capteurs de glycémie non commercialisés en Algérie suite à la campagne de rappel de capteurs de glycémie, dans 17 pays, dont la France.
Ce dispositif le FreeStyle Libre 3, largement utilisés dans plusieurs pays européens, ont été retirés du marché après avoir été mis en cause dans des incidents graves, dont sept décès signalés à l’international.
Selon les informations communiquées par le fabricant «Abbott», les capteurs FreeStyle Libre 3 et FreeStyle Libre 3 Plus auraient été associés à sept décès et 736 incidents sérieux liés à un éventuel dysfonctionnement des appareils.
Ces signalements ont conduit plusieurs pays, notamment la France et les États-Unis, à retirer ces produits de la circulation, suscitant inquiétude et agitation parmi les patients diabétiques.
Des appareils non autorisés en Algérie mais présents sur le marché parallèle
Interrogé par TDMsanteinov, Fayçal Ouhada, président de l’Association en question a tenu à rassurer que les dispositifs concernés ne sont pas homologués en Algérie. «Leur présence est due à des importations illégales via le marché parallèle, où certains patients se les procurent faute d’alternatives ou par recherche d’innovation», a-t-il indiqué.
«Dès l’annonce du retrait dans plusieurs pays européens, nous avons engagé une campagne de sensibilisation pour informer et alerter les malades. Il est impératif d’arrêter immédiatement l’utilisation de ces appareils», a insisté M. Ouhada.
Des alternatives disponibles et contrôlées en pharmacie
L’association recommande aux patients de se tourner vers les capteurs officiellement autorisés en Algérie, notamment la gamme de capteurs CGM, disponibles en pharmacie et introduits légalement. Ces dispositifs, soumis à un contrôle sanitaire permanent, offrent une sécurité d’utilisation et ne sont pas associés à des complications, selon l’association.
Ces capteurs validés se connectent directement aux smartphones, permettant un suivi en temps réel du taux de glucose et un partage des données avec plusieurs proches. Cette fonctionnalité facilite une intervention rapide en cas d’hypoglycémie sévère.
Un coût élevé qui pénalise les patients
Ouhada rappelle néanmoins que le coût de ces capteurs reste un obstacle majeur pour de nombreux patients. «Le capteur coûte près d’un million de centimes et doit être renouvelé tous les 15 jours. C’est inaccessible pour beaucoup, surtout pour les enfants ou les malades sous insuline», alerte-t-il.
Il souligne l’importance de généraliser l’accès à ces technologies, qui permettent d’éviter les piqûres répétées et de prévenir les complications graves du diabète, notamment le coma ou la mort en cas de variation brutale du taux de sucre.
Un appel aux autorités sanitaires
Face à l’urgence, l’association appelle les autorités à accélérer la mise à disposition de solutions innovantes et à renforcer le contrôle des dispositifs introduits illégalement dans le pays.
«Sauver la vie des patients dépend de l’accès à des outils fiables et modernes. Il est temps d’agir», conclut M. Ouhada.
Rania N.
