Les critères internationaux de diagnostic du syndrome métabolique étaient au cœur d’une communication scientifique présentée par la Dr Sana Bouchaib, spécialiste en épidémiologie et en médecine préventive, lors d’un atelier consacré au syndrome métabolique organisé par l’Institut national de santé publique (INSP).
Au cours de son intervention, la spécialiste a rappelé que le syndrome métabolique constitue l’un des principaux facteurs de risque de développement du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires, soulignant l’importance d’un dépistage précoce afin de prévenir ces pathologies chroniques.
Les cinq critères retenus à l’échelle internationale
Selon la Dr Sana Bouchaieb, les principales sociétés savantes internationales s’accordent aujourd’hui sur cinq indicateurs permettant d’établir le diagnostic du syndrome métabolique à savoir, l’obésité abdominale, l’hyperglycémie à jeun, l’hypertension artérielle,
l’hypertriglycéridémie et un faible taux de cholestérol HDL (« bon cholestérol »).
Des critères harmonisés depuis 2009
La spécialiste a expliqué que les divergences qui existaient entre les différentes recommandations internationales ne portaient pas sur la définition du syndrome métabolique lui-même, mais essentiellement sur la place accordée à l’obésité abdominale.
« Certaines recommandations considéraient l’obésité abdominale comme un critère indispensable au diagnostic, tandis que d’autres retenaient simplement la présence de trois facteurs de risque parmi les cinq », a précisé la Dr Sana Bouchayeb.
Elle a rappelé que cette divergence a été levée en 2009 avec l’adoption du Joint Interim Statement (JIS), un consensus international ayant permis d’unifier les critères diagnostiques et de faciliter la comparaison des études scientifiques ainsi que l’harmonisation des pratiques médicales.
Trois critères sur cinq suffisent au diagnostic
D’après les critères JIS, le diagnostic de syndrome métabolique est posé lorsque trois des cinq facteurs de risque sont présents, sans que l’obésité abdominale soit obligatoirement associée.
«Cette approche permet d’identifier précocement des personnes qui ne présentent pas forcément une obésité abdominale, mais qui cumulent une hypertension artérielle, une anomalie de la glycémie ou des troubles lipidiques, autant de facteurs augmentant fortement le risque cardiovasculaire et le risque de diabète de type 2», a t-elle souligné.
Des seuils adaptés aux populations
L’intervenante a également indiqué que les recommandations JIS prennent en compte les spécificités ethniques pour la mesure du tour de taille. Pour les populations d’Afrique du Nord et d’Europe, les seuils retenus sont de 94 cm chez l’homme et 80 cm chez la femme, permettant un diagnostic plus précis et mieux adapté aux caractéristiques de chaque population.

Miser sur le dépistage et le changement du mode de vie
En conclusion, Dr Bouchaib a estimé que l’adoption de ces critères harmonisés constitue un levier important pour améliorer le dépistage précoce du syndrome métabolique et renforcer la prévention des maladies chroniques qui lui sont associées.
Elle a insisté sur le fait que le dépistage précoce, associé à une prise en charge rapide reposant sur la modification du mode de vie, la pratique régulière d’une activité physique, une alimentation équilibrée et le contrôle des facteurs de risque, demeure la stratégie la plus efficace pour prévenir les complications, réduire le risque cardiovasculaire et améliorer durablement la qualité de vie des patients.
D. K.
