Neuf personnes sur dix dans le monde respirent un air qui ne répond pas aux normes de qualité de l’air recommandées par l’OMS. La pollution atmosphérique tue 7 millions de personnes chaque année.
Une étude américaine publiée le 2 juillet dans Nature établit pour la première fois un lien entre la pollution atmosphérique particulaire et l’augmentation des mutations liées au cancer du poumon chez les non-fumeurs. les résultats révèlent que la pollution de l’air pourrait être plus dangereuse que le tabagisme passif. Ces résultats font partie du projet Sherlock-Lung, une vaste recherche internationale centrée sur le cancer du poumon chez les personnes n’ayant jamais fumés.
Des scientifiques des National Institutes of Health (NIH) et leurs collègues de l’Université de Californie à San Diego ont analysé les tumeurs pulmonaires de 871 patients n’ayant jamais fumé, répartis sur 28 sites géographiques dans le monde entier. Ils établissent dans la revue Nature un lien entre l’exposition à la pollution atmosphérique et l’augmentation des mutations génétiques favorisant le cancer.
Une signature mutagène liée à la fumée (mais issue de la pollution) est multipliée par 3,9, accompagnée d’un accroissement de 76 % d’une signature liée au vieillissement, notent les chercheurs.
La pollution responsable des mutations du cancer du poumon
Cette étude suggère ainsi que la pollution atmosphérique pourrait être plus susceptible d’entrainer des mutations responsables du cancer du poumon chez les non-fumeurs que le tabagisme passif, ce dernier ne provoquant pas d’augmentation des mutations cancérigènes ou des signatures mutationnelles liées au tabac.
« Nos recherches montrent que la pollution de l’air est fortement associée aux mêmes types de mutations de l’ADN que celles que l’on associe généralement au tabagisme », explique au Guardian Ludmil Alexandrov, docteur à l’Université de San Diego en Californie. Il fait partie des personnes à la tête du Mutographs of Cancer project, un programme qui cherche à déterminer les causes environnementales encore inconnues de cancers.
En conclusion l’étude démontre pour la première fois un lien clair et quantifié entre pollution particulaire et mutation oncogénique dans le poumon des non-fumeurs. Ceci renforce l’impératif de lutter contre les particules fines, non seulement pour les maladies respiratoires ou cardiovasculaires, mais aussi pour prévenir des cancers jusque-là inexpliqués.
Djamila K.
