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Médicaments essentiels : L’Algérie adopte sa première liste nationale

Médicaments essentiels : L’Algérie adopte sa première liste nationale

L’Algérie vient de franchir une étape clé dans la gestion de son système de santé. Le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, a officialisé l’adoption de la première liste nationale des médicaments essentiels. Un outil stratégique conçu pour garantir aux citoyens une disponibilité continue des traitements prioritaires et prévenir les risques de pénurie. Élaborée par un comité d’experts multidisciplinaires, cette liste de référence permet de définir les priorités thérapeutiques du pays. Cette liste comprend 424 substances médicamenteuses, réparties en 22 classes thérapeutiques, correspondant à 1 066 produits pharmaceutiques.

Lors d’une journée d’étude et de formation dédiée à l’exportation des produits pharmaceutiques et des dispositifs médicaux, organisée à Alger, le ministre a qualifié cette initiative d’«étape stratégique». Elle s’inscrit au cœur d’une politique globale visant à consolider la souveraineté sanitaire nationale et à protéger le marché local face aux tensions mondiales sur les matières premières et les médicaments.

Cette démarche poursuit plusieurs objectifs : sécuriser l’approvisionnement, prioriser les traitements essentiels et améliorer la visibilité de la production locale ainsi que la gestion des stocks nationaux.

Cinq ans de croissance : de la couverture locale au marché international

Cette mesure intervient après cinq années de développement de l’outil industriel national. Grâce au renforcement du tissu de production local, l’Algérie a consolidé ses capacités pharmaceutiques et sa souveraineté dans ce domaine.

Désormais, l’industrie pharmaceutique algérienne entend aller plus loin en optimisant l’utilisation des capacités industrielles existantes et en renforçant sa présence sur les marchés extérieurs. L’enjeu est double : consolider la production nationale et faire de cette filière un moteur de la diversification économique hors hydrocarbures.

Le médicament algérien gagne la confiance régionale

Sur le plan commercial, les exportations algériennes de produits pharmaceutiques et de dispositifs médicaux ont atteint près de 50 millions de dollars en 2025. Elles ont concerné 33 pays, dont 18 pays africains, selon les chiffres communiqués par le ministre.

Bien que ces résultats soient encourageants, Wassim Kouidri estime qu’ils restent en deçà du potentiel réel du secteur. L’objectif affiché est d’accélérer la croissance des exportations au cours de l’année 2026 et de renforcer la présence des produits algériens sur les marchés internationaux.

Cette dynamique s’appuie notamment sur les retombées de la Conférence ministérielle africaine sur la production locale de médicaments et les technologies de santé, organisée en Algérie en novembre 2025. Cet événement a donné lieu à la conclusion de contrats d’exportation de produits pharmaceutiques algériens vers plusieurs pays, témoignant de l’intérêt porté à la production nationale.

Concilier besoins locaux et rayonnement extérieur

Avec l’adoption de cette première liste nationale des médicaments essentiels, les autorités algériennes entendent renforcer l’organisation du secteur pharmaceutique tout en poursuivant son développement économique.

L’enjeu consiste à concilier la disponibilité des traitements prioritaires pour la population avec la compétitivité des entreprises nationales sur les marchés internationaux. Cette orientation vise à consolider les capacités de production du pays et à contribuer à la sécurité de l’approvisionnement pharmaceutique.

Toutefois, les médicaments retenus dans cette première liste, les modalités de sa mise en œuvre et ses effets concrets sur la disponibilité des traitements n’ont pas encore été détaillés dans les déclarations du ministre.

R. N.

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