Le directeur général de la prévention et la promotion de la santé au ministère de la Santé, Dr Djamel Fourar a souligné, dans une conférence de presse animé mardi à l’INSP, la nécessité de placer la prévention au cœur des politiques publiques, tout en rappelant les progrès réalisés par l’Algérie dans la lutte contre les maladies transmissibles.
La prévention, pilier de la santé publique
Dr Fourr a rappelé que la prévention constitue un axe prioritaire de la politique nationale de santé, comme le stipule la loi sanitaire de juillet 2018. «Près de 30 % des articles de cette loi portent sur la prévention, reconnue comme une priorité sanitaire», a-t-il déclaré avant de présenter l’état des lieux épidémiologiques des principales maladies transmissibles à déclaration obligatoire.
Il a précisé que plusieurs programmes nationaux de prévention sont déployés dans le cadre d’une stratégie multisectorielle, car la santé «n’est pas uniquement la responsabilité du secteur sanitaire, mais aussi celle de tous les acteurs économiques et sociaux».
Les défis persistants : maladies transmissibles et émergentes
Dr Fourar a rappelé que les maladies infectieuses demeurent une menace constante. Il a cité la réémergence des cas de pathologies telles que la diphtérie, la dengue ou encore la fièvre du Nil occidental.
Face à ces risques, le système de santé algérien a démontré sa capacité d’anticipation et de réaction rapide, a t-il souligné et notamment lors de la pandémie de Covid-19, grâce à la création d’un comité scientifique national et à une coordination intersectorielle efficace.
Des succès reconnus à l’international
L’Algérie a obtenu plusieurs certifications internationales en matière d’élimination de maladies a rappelé Dr Foural et de préciser que “Depuis cinq ans, aucune rupture de stock de vaccins n’a été enregistrée. Tous les antigènes dépassent aujourd’hui un taux de couverture de 96 %.”
Dr Fourar a également indiqué que des progrès considérables ont été réalisés dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile, passée de 230 décès pour 100 000 naissances à 48,5 pour 100 000, grâce à une meilleure prise en charge des femmes enceintes et à la généralisation des accouchements en structures de santé.
L’importance de l’action intersectorielle
Le directeur général de la prévention a insisté sur la nécessité de renforcer les liens entre les différents secteurs : agriculture, environnement, intérieur, éducation, et collectivités locales.
Car de nombreuses maladies, notamment les zoonoses (rage, brucellose, fièvre du Nil), sont liées à des problématiques environnementales et nécessitent une collaboration étroite entre les ministères a t-il ajouté.
Anticiper les menaces futures
Dr Fourar a aussi rappelé qu’un dispositif national de surveillance épidémiologique, capable de détecter précocement les maladies émergentes.
Des actions anticipées ont été menées face aux menaces régionales telles qu’Ebola, le monkeypox ou la dengue. “De plus, un système de surveillance des eaux usées a été instauré pour repérer la présence de virus comme le poliovirus”, a expliqué Dr Fourar.
Le rôle clé de la sensibilisation et des médias
Enfin, le directeur de la prévention a appelé à un rôle plus actif de la société civile et des médias dans la promotion de la santé publique : «La sensibilisation est un travail de longue haleine. C’est par l’éducation sanitaire et la prévention que nous pourrons réduire durablement la morbidité et améliorer la qualité de vie des citoyens».
Djamila Kourta
