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Journée mondiale contre le cancer : L’Algérie renforce sa stratégie nationale

Journée mondiale contre le cancer : L’Algérie renforce sa stratégie nationale

À l’occasion de la Journée mondiale contre le cancer, célébrée sous le thème « Unis contre le cancer », les autorités sanitaires algériennes ont réaffirmé leur engagement à placer cette maladie au cœur des priorités nationales.

Lors d’une journée d’étude organisée pour l’événement, le Dr Djamel Fourar, Directeur de la prévention au ministère de la Santé, a dressé un état des lieux préoccupant tout en dévoilant les grandes orientations de la stratégie nationale de lutte contre le cancer.

«Le cancer est aujourd’hui un véritable problème de santé publique aux lourdes conséquences sociales et économiques», a souligné le Dr Fourar. À l’échelle mondiale, les projections font état de 26,4 millions de nouveaux cas et de 17,5 millions de décès d’ici 2030, illustrant l’ampleur du défi.

En Algérie, la tendance est également à la hausse. Les données épidémiologiques nationales recensent 51 000 nouveaux cas en 2022, un chiffre qui pourrait atteindre 56 000 cas en 2026.

Chez les femmes, les cancers les plus fréquents concernent le cancer du sein, le côlon, la thyroïde, la leucémie et l’estomac. Chez les hommes, les localisations dominantes sont la prostate, le poumon, la vessie et l’estomac.

Prévention : agir en amont sur les facteurs de risque

Face à cette progression, le ministère de la Santé a élevé la lutte contre le cancer au rang de priorité nationale absolue. La stratégie repose d’abord sur une prévention active, axée sur les modes de vie. Des programmes ciblés sont déployés pour réduire les principaux facteurs de risque, notamment le tabagisme, l’obésité et la sédentarité, reconnus comme des déterminants majeurs de la maladie.

Autre pilier central : le dépistage organisé. Le Dr Fourar a insisté sur la nécessité de généraliser le dépistage précoce, en particulier pour le cancer du col de l’utérus, afin d’améliorer les chances de guérison et de réduire significativement la mortalité liée à cette pathologie.

Prise en charge : des infrastructures modernisées

Sur le plan thérapeutique, l’Algérie engage des investissements importants pour la création et l’équipement de centres hospitaliers spécialisés en oncologie.

Ces structures sont dotées de technologies médicales de pointe, parallèlement à une gestion renforcée de la chaîne d’approvisionnement pour garantir la disponibilité continue des médicaments anticancéreux et assurer la continuité des traitements.

Formation et recherche : préparer l’avenir

La lutte contre le cancer passe également par le renforcement du capital humain. Le ministère mise sur la formation continue des médecins et des personnels paramédicaux, tout en développant la coopération avec les universités et les centres de recherche. L’objectif est clair : aligner l’Algérie sur les avancées scientifiques internationales et encourager l’innovation dans les protocoles de soins.

Au-delà des chiffres et des stratégies, le Dr Fourar a tenu à saluer le courage des patients, rappelant que la lutte contre le cancer ne peut reposer uniquement sur les institutions. Elle nécessite une mobilisation de l’ensemble des acteurs : société civile, médias, associations de patients.

«Il s’agit d’une responsabilité collective», a-t-il affirmé, soulignant l’importance d’un accès équitable aux soins sur l’ensemble du territoire national.

Horizon 2035 : les ambitions du Plan national cancer

De son côté, le Pr Adda Bounedjar, président de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, a présenté les grandes lignes de la stratégie nationale à l’horizon 2035. Le constat est sans appel : l’action doit être immédiate et structurée.

À l’échelle mondiale, près de 20 millions de nouveaux cas sont enregistrés chaque année, avec une projection de 30 millions en 2040, soit une hausse de plus de 50 %. «S’il est difficile de réduire fortement l’incidence, notre priorité est de faire reculer la mortalité», a expliqué le Pr Bounedjar.

En Algérie, le cancer du sein demeure le principal défi, avec plus de 15 000 nouveaux cas par an, représentant 25 % des cancers diagnostiqués.

Vaccination et prévention renforcée

La stratégie 2035 mise sur une prévention offensive, marquée notamment par l’introduction du vaccin contre le cancer du col de l’utérus dès 2026. Le plan cible également le tabagisme et l’obésité, tout en consolidant les efforts en matière d’hygiène environnementale.

Le dépistage précoce reste un axe prioritaire, ciblant les cancers les plus fréquents :

  • Sein et col de l’utérus chez la femme,
  • Prostate et cancer colorectal chez les deux sexes.

La stratégie prévoit également une amélioration globale du parcours de soins, avec une attention particulière portée à l’accompagnement en fin de vie, encore insuffisamment structuré.

Enfin, l’avenir de la lutte anticancéreuse repose sur la recherche scientifique et l’ultra-spécialisation médicale. Alors que l’oncologie concentre près de 60 % de la recherche médicale mondiale, l’Algérie est appelée à intensifier ses études cliniques locales et à réformer la formation des médecins vers une expertise de haut niveau.

Pour le Pr Bounedjar, seule une alliance durable entre science, prévention et engagement humain permettra de protéger efficacement les générations futures.

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