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Burn-out dans le secteur de la santé : Le cri d’alerte des praticiens

Burn-out dans le secteur de la santé : Le cri d’alerte des praticiens

Le burn-out ou épuisement professionnel touche de plus en plus le personnel médical en Algérie. Lors d’une journée d’étude organisée à l’hôpital spécialisé en psychiatrie d’El Maadher (wilaya de Batna), le Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP) a mis en lumière l’ampleur du problème et appelé à des mesures urgentes pour protéger les soignants.

Selon les experts présents, le burn-out se manifeste par une fatigue extrême, une perte de motivation et un désengagement émotionnel. «Ce n’est pas une simple fatigue passagère, mais un véritable trouble psychologique et physique qui nécessite une prise en charge», ont souligné les intervenants.

Des causes multiples dans le milieu hospitalier

Le phénomène trouve son origine dans les conditions de travail difficiles auxquelles font face les soignants, marquées par la surcharge dans les services à forte pression comme les urgences, la réanimation, la maternité ou la chirurgie, le manque de personnel et de moyens matériels, l’absence de soutien administratif et psychologique, des tâches bureaucratiques lourdes, une reconnaissance morale et financière insuffisante, ainsi que les violences verbales ou physiques subies par les professionnels de santé.

L’accumulation de ces facteurs engendre un profond déséquilibre psychologique et met en péril la stabilité du système de santé publique.

 Des conséquences visibles sur la qualité des soins

Les effets du burn-out ne se limitent pas à la santé du praticien, mais ils se répercutent directement sur la qualité des soins prodigués aux patients.

Le syndicat relève une hausse des absences, des arrêts maladie fréquents, ainsi qu’une augmentation des troubles psychologiques (stress, anxiété, dépression).

Cette situation conduit, à terme, à la démotivation et à la fuite des compétences vers le secteur privé ou l’étranger.

Des solutions concrètes pour inverser la tendance

Pour contrer ce phénomène, le SNPSP de Batna propose une série de mesures structurelles et humaines, parmi lesquelles :

  • la reconnaissance du burn-out comme maladie professionnelle ;
  • l’aménagement des horaires de travail et des périodes de repos après les gardes de nuit ;
  • la mise en place de cellules d’écoute et de soutien psychologique dans les hôpitaux ;
  • l’amélioration de l’environnement professionnel et des conditions d’exercice ;
  • la rotation du personnel dans les services surchargés ;
  • un encadrement juridique et sécuritaire renforcé pour les soignants ;
  • une politique de motivation morale et matérielle favorisant la cohésion et la reconnaissance.

Valoriser le soignant, c’est protéger le patient

Pour le Bureau de wilaya du SNPSP, prendre soin du personnel de santé, c’est aussi améliorer la qualité des soins pour le citoyen. «Le burn-out ne se soigne pas par le déni, mais par la réforme», rappellent ses représentants.

Cette démarche, soutenue par les autorités sanitaires, vise à replacer le facteur humain au cœur du système de santé, en reconnaissant le rôle essentiel du praticien dans le maintien d’un service public de qualité.

Rania N.

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