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Produits pharmaceutiques thermosensibles : L’ANPP serre la vis sur la chaîne de froid

ANPP : “78 % des recommandations du niveau ML3 mises en œuvre”

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 l’Algérie poursuit ses efforts pour aligner son système de régulation sur les standards internationaux. Une mission d’experts de l’Organisation mondiale de la santé a récemment évalué le dispositif national dans le cadre du processus d’obtention du niveau de maturité ML3 “plus de 78 % des recommandations ont déjà été mises en œuvre”, a déclaré Dr Khadidja Bouguerra, responsable de la gestion de la qualité à l’Agence nationale des produits pharmaceutiques (ANPP).

Elle a rappelé que le système réglementaire national repose sur quatre acteurs, à soit le ministère de la Santé, le ministère de l’Industrie pharmaceutique, l’Agence nationale des produits pharmaceutiques et le Centre national de pharmacovigilance.

Une autoévaluation réalisée en juin dernier a donné lieu à plus de 430 recommandations couvrant neuf fonctions réglementaires essentielles, notamment l’enregistrement des médicaments, la pharmacovigilance, l’inspection et les essais cliniques.

«Plus de 78 % des recommandations ont déjà été mises en œuvre, et le reste est en cours d’application», a affirmé Mme Bouguerra.

Une reconnaissance internationale en ligne de mire

L’obtention du niveau de maturité ML 3 représenterait, selon la responsable, un « tournant majeur » pour l’industrie pharmaceutique nationale, propulsant le secteur vers de nouveaux standards d’excellence. Ce palier stratégique garantirait une reconnaissance internationale du système réglementaire algérien, tout en renforçant la confiance des partenaires et des patients envers les médicaments locaux.

En plus de faciliter les exportations vers de nouveaux marchés, cette certification constituerait un levier puissant pour le développement de partenariats stratégiques de haut niveau, consolidant ainsi la position de l’Algérie sur l’échiquier pharmaceutique mondial.

Mme Bouguerra a enfin indiqué que la délégation de l’OMS a salué «les réformes engagées et la mise à jour des textes réglementaires conformément aux standards internationaux», soulignant que «la dynamique enclenchée place l’Algérie sur une trajectoire solide vers la souveraineté pharmaceutique».

Elle a indiqué que “Le taux d’autosuffisance en médicaments a atteint 83 % des besoins du marché national“. Selon Mme Bouguerra, cette performance est le résultat direct de la stratégie nationale engagée depuis 2020 pour réduire la dépendance aux importations et renforcer durablement la sécurité sanitaire du pays.

233 unités de production et 100 projets en cours

Dressant un état des lieux du secteur, Mme Bouguerra a précisé que «le tissu industriel pharmaceutique national compte aujourd’hui 233 unités et usines de production».

Elle a également indiqué que «100 nouveaux projets ont été autorisés et sont actuellement en cours de réalisation», ajoutant que le pays dispose de «plus de 780 lignes de production couvrant différentes classes thérapeutiques».

À l’échelle africaine, ces capacités représentent près du tiers des infrastructures pharmaceutiques du continent, a-t-elle souligné.

Insuline et anticancéreux : «Une avancée stratégique»

Mme Bouguerra a mis en avant une avancée majeure : «L’Algérie est le seul pays en Afrique et dans le monde arabe à produire localement, à 100%, des stylos à insuline.»

Concernant la prise en charge du cancer, elle a précisé que «54 médicaments anticancéreux sont fabriqués localement, sur un total d’environ 200 enregistrés dans la nomenclature nationale dédiée à la lutte contre cette pathologie».

Un progrès qu’elle qualifie de «stratégique», tant pour garantir la disponibilité des traitements que pour améliorer leur accessibilité.

Innovation et recherche : « Un saut qualitatif attendu »

Évoquant les perspectives du secteur, Mme Bouguerra a annoncé le lancement de plusieurs projets structurants, notamment «la production de médicaments innovants» et «la création d’un centre de recherche biologique et de production de vaccins».

Elle a également confirmé «un projet ambitieux de thérapie cellulaire en collaboration avec le groupe public Groupe Saïdal», estimant que cette dynamique permettra «de favoriser le transfert de technologies de pointe et de générer des emplois qualifiés».

Rania N.

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