Le dépistage du virus VIH/Sida, hépatite B et la syphilis chez les femmes enceintes doit être désormais systématique pour réduire la triple contamination mère-enfant. Un défi à relever dans notre pays qui enregistre 500 nouveaux cas de VIH par an pour les moins de 15 ans et 1000 cas chez les femmes en âge de procréer.
Plusieurs contraintes entravant l’application des directives de la stratégie nationale d’élimination de contamination mère-enfant (eTME) adoptée par le ministère de la santé ont été soulignées les experts lors de l’atelier de formation auprès des professionnels de la santé, sage femmes et gynécologues, et des intervenants associatifs organisé par l’association AIDS/Algérie en collaboration avec le ministère de la santé.

Une initiative s’inscrivant dans un projet de mise en œuvre de la stratégie de l’élimination de la transmission mère-enfant afin de «permettre aux femmes d’accéder à l’information, l’éducation et aux services nécessaires afin de réduire le risque de la transmission VIH de la mère à l’enfant, avant, pendant et après la grossesse», a indiqué M. Athmane Bourouba, président de AIDS/Algérie et de préciser que cette approche globale permettra d’établir des liens entre les associations et les institutions de santé dans une démarche complémentaire pour faire face aux besoins et aux questions complexes concernant la prévention, le traitement et la gestion de la pandémie VIH/Sida.

Cette approche visant à améliorer l’accès aux services de prévention de la transmission mère-enfant passe inéluctablement par une sensibilisation des professionnels de la santé toutes catégories confondues a noté le Pr Smail Mesbah, infectiologue à l’hôpital d’ El Kettar «Nous n’avons pas besoin d’aller chercher les femmes enceintes pour les dépister des Ost et du VIH/Sida. Ce sont elles qui viennent vers nous et c’est à nous de saisir ces opportunités afin de les sensibiliser à ce geste facile et rapide pour ne plus avoir d’enfants avec le VIH».
Une réflexion partagée par l’ensemble des participants à cet atelier dont objectif commun est celui de réduire ces infections à travers des programmes spécifiques avec l’organisation de circuit de prise en charge. Une démarche intégrée impliquant tous les acteurs afin de faire face également à la stigmatisation des futures mamans dont certaines sont victimes malgré les instruction du ministère de la santé.
«De nombreuses femmes enceintes ont été renvoyées des structures de santé parce qu’elles sont séropositives et elles sont ballotées d’une établissement à un autre pour accoucher avec tous les risques qu’elles encourent lors des déplacements», a déploré Nawel Lahouel présidente de l’association El Hayet des personnes vivant avec le VIH et de citer l’exemple d’une jeunes femme séropositive qui a accouché toute seule, dans un hôpital à l’ouest du pays, un mort-né, dont des images choquantes ont été diffusées.
Renforcer la stratégie de prévention à travers le dépistage et le diagnostic pour l’élimination de la triple transmission constitue désormais l’objectif à atteindre conformément aux axes stratégiques de l’eTME.
Celui de réduire de 90% cette transmission verticale du VIH, maintenir en vie ¾ des mères et des enfants séropositifs et surtout réduire de 50% de nouvelles infections à VIH, a indiqué Dr Samia Hammadi, directrice à la direction de la prévention chargée des maladies transmissibles.
D. K.
