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Des hospitalo-universitaires visés par des attaques sur les réseaux sociaux: Le SNECHU et le Conseil de l’ordre dénoncent

La corporation médicale fait face, ces dernières semaines, à une vague d’attaques à travers un lynchage virtuel ciblant certains professeurs hospitalo-universitaires, chefs de service au sein des principaux CHUen l’occurrence, Blida, BeniMessous et Birtraria. Leurs noms et leurs photographies sont diffusés sur les réseaux sociaux par des auteurs anonymes, qui les accusent de bénéficier d’avantages indus et de passe-droits.

Des accusations exposées au grand jour et relayées par des milliers d’internautes, suivies de centaines de commentaires déplacés, voire insultants vis à vis de ces personnes aux gardes magistraux toujours en poste. S’attaquer à une femme cheffe de service qui a toujours fait preuve de professionnalisme et de compétence et à ses collègues soulève une question essentielle : jusqu’où ces attaques sur les réseaux sociaux peuvent-elles aller ?

Face à cette  violente vague de dénigrement,  le président du Syndicat national des enseignants-chercheurs hospitalo-universitaires (SNECHU), le Pr Mohamed Belhadj que nous avons contacté,  dénonce ces agissements et  alerte sur la gravité de la situation, estimant que « ce qui se passe est préoccupant » et de signaler que les concernés ont déposé plaintes en penal. 

Il regrette que “les réseaux sociaux soient parfois utilisés pour tégler des comptes  personnels, alimenter des polimiques  et porter atteinte  à la réputation de professionels”

Ce qui est particulièrement grave, a t-il déploré,  c’est que ces attaques peuvent aller jusqu’à toucher à la vie privée .Il faut rappeler que les professeurs hospitalo-universitaires ont consacré des années à la médecine, à l’enseignement et à la formation. “On ne peut jeter le discrédit sur des carrières entières et  réduire leur parcours à des accusations diffusées sur les réseaux sociaux, sans discernement ni respect des règles élémentaires”, a t-il ajouté tout en s’interrogeant sur les motivations de certaines personnes qui cherchent à faire le buzz sur les réseaux sociaux. Pour lui, il  faut également protéger les professionnels contre les attaques personnelles et préserver la dignité de ceux qui ont consacré leur vie au service public. La reconnaissance de leur parcours, le respect de la déontologie et la transmission de l’expérience aux jeunes générations doivent rester des priorités.

Le président du SNECHU regrette  l’absence de réactions institutionnelles face à ces campagnes de diffamations: “Il est nécessaire que les responsables concernés, notamment dans les secteurs de la santé et de l’enseignement supérieur, prennent des mesures fermes pour garantir le respect de la vie privée et de la dignité des professionnels.Le respect des personnes et de leur vie privée doit être une exigence fondamentale.”

Le président du Conseil régional de l’Ordre des médecins, Dr Yacine Terkmane,  dénonce de son côté,  la diffusion, sur les réseaux sociaux, de telles accusations graves portant atteintes à la vie privée des professeurs en médecine .  “Ces accuisations  ne peuvent être considérées comme fiables sans vérification officielle” et souligne que “les faits de diffamation peuvent relever du pénal“.

Dr Terkmane appelle ainsi à l’ouverture d’une enquête pour établir les faits et identifier les auteurs des publications, tout en insistant sur la nécessité d’une réaction des autorités compétentes et d’une meilleure régulation des dérives sur les réseaux sociaux.

Au-delà de la polémique, ces pratiques interrogent sur les dérives des réseaux sociaux, parfois détournés de leur vocation première. 

Djamila Kourta

 

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