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Cancer du sein en Algérie : Six pistes pour améliorer le dépistage

Cancer du sein en Algérie : Six pistes pour améliorer le dépistage

Plus de 14 000 nouveaux cas par an, un tiers des patientes présentant une atteinte ganglionnaire et un cancer sur cinq diagnostiqué après propagation à d’autres organes. Ces données soulignent les enjeux du dépistage et du diagnostic précoce du cancer du sein en Algérie.

À l’occasion de la journée scientifique «CPMC Breast Day», organisée le 22 octobre au Centre Pierre et Marie Curie (CPMC), le Pr Radia Benyahia, cheffe du service d’imagerie médicale, a plaidé pour le développement d’un dépistage organisé à l’échelle nationale.

Un diagnostic encore trop tardif

Selon les données présentées par la spécialiste, le cancer du sein représente près de 45 % des cas de cancer recensés en Algérie, avec plus de 14 000 nouveaux cas chaque année. La taille moyenne des tumeurs au moment du diagnostic atteint 3,6 cm, tandis qu’un tiers des cas s’accompagnent d’une atteinte des ganglions lymphatiques.

Plus préoccupant encore, un cinquième des cancers sont diagnostiqués après une propagation à d’autres organes. Ces indicateurs plaident en faveur d’une détection plus précoce, permettant d’identifier les lésions à un stade moins avancé et d’améliorer la prise en charge des patientes.

Les caractéristiques biologiques des tumeurs constituent également un élément important dans l’orientation thérapeutique. Ainsi, 70,1 % des tumeurs présenteraient des récepteurs hormonaux positifs, tandis que 71,9 % afficheraient un indice de prolifération cellulaire Ki-67 égal ou supérieur à 20 %.

Six recommandations pour structurer le dépistage

Pour améliorer les résultats du dépistage du cancer du sein en Algérie, la Pr Radia Benyahia a formulé six recommandations à savoir la mise en place un système d’invitations personnalisées destiné aux femmes ciblées afin d’élargir leur participation aux campagnes de dépistage, généraliser la double lecture des mammographies : “renforcer le recours à un second avis spécialisé, notamment à distance, grâce à des centres de référence comme le CPMC, renforcer la formation des radiologues : développer les compétences en imagerie mammaire, y compris dans le secteur privé“.

Il est égalerment important, selon elle, de développer l’oncogénétique : identifier les femmes présentant un risque élevé de cancer du sein et organiser leur suivi ainsi que celui des membres de leurs familles concernés et  mener une étude pilote fondée sur des données algériennes avant d’envisager un déploiement plus large de ces outils dans l’interprétation des images médicales.

Au-delà des équipements, un programme organisé

Pour la spécialiste, l’amélioration du dépistage précoce ne peut reposer uniquement sur la disponibilité des équipements d’imagerie. Elle nécessite un programme structuré, des professionnels formés, une interprétation fiable des mammographies et une utilisation évaluée des nouvelles technologies.

Le suivi régulier des résultats constitue également un levier essentiel pour mesurer l’efficacité du dispositif et adapter les stratégies aux besoins de la population.

L’enjeu est donc de passer d’un dépistage reposant sur des initiatives ponctuelles à une démarche organisée, capable de favoriser la détection des cancers à un stade plus précoce et de réduire les retards diagnostiques.

D. K.

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