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Médicaments : 2 364 produits enregistrés non commercialisés depuis l’obtention des DE

Médicaments : 2 364 produits enregistrés non commercialisés depuis l’obtention des DE

Le secteur pharmaceutique fait face à un écart important entre le nombre de produits disposant d’une autorisation et leur présence effective sur le marché. Selon les données présentées par le directeur de l’Agence nationale des produits Pharmaceutiques Dr Cherif Delih, 2 364 produits n’ont pas été mis sur le marché depuis l’obtention de leur décision d’enregistrement, alors que 635 produits ont été libérés après plus d’un an.

La situation concerne notamment des produits qui, malgré leur enregistrement, restent indisponibles pour les patients pendant de longues périodes a indiqué Dr Delih lors de la présentation du Portail d’accès produits pharmaceutiques PAPP BOX.

Dans ce contexte, “un travail de concertation est actuellement mené avec les laboratoires afin d’identifier les produits réellement fabriqués, ceux qui ne sont plus commercialisés et ceux dont les opérateurs ne souhaitent plus assurer la production“, a expliqué Dr Delih.

635 produits libérés après un an

Parmi les données communiquées, 635 produits ont été libérés alors qu’ils n’avaient pas été mis à disposition depuis un an. Ce chiffre témoigne de la nécessité d’assurer un suivi plus étroit entre l’obtention de l’autorisation et la mise effective des médicaments sur le marché.

À l’échelle globale, 2 364 produits n’ont toujours pas été mis sur le marché depuis l’obtention de leur décision d’enregistrement a- t -il révélé.

Le directeur de l’ANPP  a fait référence un cas cité à titre d’exemple soulignant que “sur 291 décisions d’enregistrement (DE) détenues par un même opérateur, 41 n’ont jamais fait l’objet d’une mise sur le marché“.

Des produits à retirer définitivement

Dr Délih a fait savoir que les échanges avec les laboratoires ont également permis d’identifier des produits que certains opérateurs ne souhaitent plus fabriquer. 108 DE ont ainsi fait l’objet d’un refus définitif de fabrication de la part des opérateurs concernés.

Ces données doivent permettre de procéder à un véritable «nettoyage» de la base des produits pharmaceutiques enregistrés, afin de distinguer les produits réellement disponibles de ceux qui ne le sont plus.“, a t-il ajouté.

L’enjeu est important : sur les quelque 5 000 produits considérés comme présents sur le marché, l’audit pourrait révéler qu’en réalité, seuls environ 2 500 sont effectivement disponibles.

L’impact sur les programmes d’importation

Cette situation a également des conséquences sur la répartition des programmes d’importation a noté l’orateur. “Lorsqu’un médicament est théoriquement fabriqué par cinq opérateurs, le programme d’importation est réparti entre ces cinq acteurs”, a relevé le DG de l’ANPP et de souligner que “mais  si, dans la réalité, seuls deux opérateurs produisent effectivement le médicament, les quotas attribués aux opérateurs réellement actifs peuvent devenir insuffisants. Les trois autres opérateurs, bien qu’ayant pris des engagements, ne contribuent alors pas effectivement à l’approvisionnement du marché“.

Vers une base plus fiable de l’offre pharmaceutique

L’objectif affiché  à travers l’initiative de l’ANPP à savoir le lancement du PAPP BOX est donc de disposer d’une photographie plus fidèle du marché pharmaceutique, en distinguant les produits simplement enregistrés de ceux qui sont effectivement disponibles.

Ce travail doit également permettre de mieux répartir les programmes et d’éviter que plusieurs opérateurs soient comptabilisés sur une même molécule alors qu’un nombre limité d’entre eux assure réellement sa production, a t-il expliqué.

À terme, cette opération de mise à jour doit contribuer à rationaliser l’offre pharmaceutique, améliorer la visibilité sur les produits réellement disponibles et mieux répondre aux besoins des patients.

D. K.

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