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Transplantation rénale : Le don croisé, une alternative encouragée par les experts

À l’occasion d’une master class dédiée à la transplantation rénale, les spécialistes ont dressé un constat clair : malgré des avancées médicales significatives, le recours au don d’organes à partir de donneurs en état de mort encéphalique demeure limité. En cause, des contraintes logistiques persistantes et des refus encore fréquents des familles, qui freinent considérablement le développement de cette pratique en Algérie.

Face à cette réalité, les experts se tournent vers des alternatives jugées plus accessibles, à commencer par le don de rein à partir de donneurs vivants apparentés. “Une option qui ouvre la voie à des approches innovantes, notamment le don croisé, présenté comme une solution à fort potentiel pour élargir l’accès à la greffe“, a déclaré Pr  Malika Bouali Benhalima, professeur en immunologie.

Une réponse aux incompatibilités entre donneur et receveur

Elle a expliqué à TDMsanteinov que le principe du don croisé repose sur une logique de solidarité élargie,  et intervient lorsque, malgré la volonté d’un proche de donner un rein, une incompatibilité immunologique empêche la transplantation — qu’il s’agisse d’un groupe sanguin incompatible ou de la présence d’anticorps.

Pr Bouali benhalima malika

Dans ce cas, une seconde paire donneur-receveur, confrontée à la même problématique, peut être  proposée“, a indiqué Pr Benhalima et d’ajouter que les donneurs sont alors « échangés » entre les deux couples, permettant la réalisation de transplantations compatibles. Ce mécanisme offre ainsi une issue à des situations jusque-là bloquées, redonnant espoir à de nombreux patients en attente de greffe.

Un cadre légal existant, mais peu appliqué

Pr Benhalima déplore le fait que le don croisé soit autorisé par la législation depuis 2018  par la loi de la santé , sa mise en œuvre reste encore marginale sur le terrain. Elle évoque  des contraintes organisationnelles et réglementaires importantes, notamment en matière de respect de l’anonymat, de procédures de consentement et de coordination médicale.

Mais au-delà de ces aspects, c’est surtout l’absence d’un système structuré qui constitue un frein majeur à la transplantation rénale . Il est important a insisté Pr Benhalima de mettre en place des mécanismes nécessaires et un dispositif efficace  afin d’identifier et de mettre en relation les paires compatibles. Pour ce faire, ellerecommande la création d’une plateforme nationale d’appariement. “Un tel outil permettrait de centraliser les données des donneurs et receveurs, facilitant ainsi les correspondances et optimisant les chances de greffe. Cette plateforme pourrait transformer un cadre légal existant en une pratique réellement opérationnelle et accessible à l’échelle du pays. » a- t-elle assuré.

 

Une chaîne de solidarité à concrétiser

A l’issue de cette master class,  les experts ont affirmé que  le don croisé dépasse la simple innovation technique. Il incarne une véritable chaîne de solidarité, capable de multiplier les opportunités de transplantation et de sauver plusieurs vies simultanément.

Cependant, pour concrétiser ce potentiel, des efforts structurants restent indispensables. Organisation, digitalisation et coordination nationale apparaissent aujourd’hui comme les clés pour lever les obstacles et faire du don croisé une réalité pleinement intégrée dans le système de santé.

Djamila Kourta

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