Intervenant lors de la Journée nationale de la SORP sur la qualité dans les métiers de la pharmacie, la représentante du ministère de la santé, Pr. El Hadia Mansouri a affirmé que la démarche qualité constitue aujourd’hui le véritable cœur battant des métiers pharmaceutiques, en évoluant d’une simple exigence de conformité vers une dynamique de performance durable.
Elle a souligné que la qualité ne saurait se limiter au respect des normes, mais qu’elle doit s’inscrire dans une logique d’amélioration continue des pratiques professionnelles, de la production au contrôle, en passant par la dispensation et la surveillance du médicament.
Selon elle, cette approche intégrée vise avant tout à garantir la sécurité du patient, qui demeure la finalité de tout acte pharmaceutique.
Cet engagement, a t-elle souligné, s’inscrit dans le cadre de la loi 18-11 relative à la santé, qui fait de la démarche qualité un principe incontournable dans toutes les structures sanitaires.
Un cadre législatif qui consacre la qualité comme exigence nationale
«Notre loi-cadre relative à la santé, la loi 18-11, consacre tous les principes et paradigmes de la qualité », a rappelé le Pr Mansouri. L’article 290, précise-t-elle, oblige chaque structure et organisme du secteur à disposer d’un plan de développement ainsi que d’une démarche qualité.
«C’est déjà un engagement fort de la hiérarchie envers cette orientation stratégique», a-t-elle souligné.
Elle a également mentionné l’article 324 de la même loi, qui définit les objectifs des différents contrôles exercés par la tutelle, précisant qu’ils s’inscrivent avant tout dans une logique d’amélioration continue.
Une exigence structurelle au service du patient
La représentante du ministère a rappelé que l’intégration des démarches de contrôle de la qualité dans les systèmes de soins repose avant tout sur la ressource humaine, élément central de toute politique d’amélioration continue, mais également sur l’ensemble des moyens techniques, organisationnels et réglementaires mis à la disposition des structures de santé.
S’appuyant sur la définition de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le Pr Mansouri a rappelé que la qualité des soins consiste à garantir à chaque patient un ensemble de soins efficaces, sûrs, accessibles, au meilleur résultat.
Ces paramètres, a-t-elle précisé, traduisent les fondements mêmes de la profession pharmaceutique, à savoir un système de soins efficace, efficient, sûr, équitable et réactif, capable de s’adapter aux évolutions et aux crises, comme l’a illustré la pandémie COvid-19.
15 % de la mortalité mondiale serait imputable à des soins de mauvaise qualité
La qualité des soins, a-t-elle insisté, n’est pas un luxe, mais une condition essentielle à la couverture sanitaire universelle. Environ 15 % de la mortalité mondiale serait imputable à des soins de mauvaise qualité, ce qui démontre combien la démarche qualité constitue une exigence vitale.
Les défaillances dans ce domaine, a-t-elle averti, affectent directement la confiance du patient dans le système de santé.
Pour le ministère de la Santé, a-t-elle poursuivi, cette orientation traduit la volonté d’ancrer durablement la culture de la qualité au sein de toutes les structures sanitaires et de faire de l’évaluation un outil de progrès, et non de simple conformité administrative.
Des métiers pharmaceutiques au cœur du processus qualité
Le Pr Mansouri a tenu à rappeler que les métiers de la pharmacie occupent une place centrale dans cette dynamique.
En pharmacie hospitalière, la qualité s’exprime à travers la maîtrise du circuit du médicament, la traçabilité, la stérilisation, la sécurité des traitements et la gestion des risques médicamenteux, qui constituent autant d’axes fondamentaux d’une politique de qualité.
La même logique s’applique à la biologie médicale, où le contrôle qualité, bien qu’implicite, oblige les biologistes à travailler selon des normes rigoureuses.
Elle a rappelé que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fournit plusieurs référentiels de management de la qualité, applicables aussi bien aux pratiques professionnelles qu’aux autorités réglementaires.
«Nous passons ainsi d’un simple système de gestion de la qualité à un système de maturité, qui exige davantage qu’une conformité de façade», a-t-elle expliqué.
Le pharmacien d’officine, quant à lui, contribue activement à la prévention des ruptures, à la gestion des stocks et à la sécurisation du circuit du médicament, des actions qui participent directement à la continuité et à la sécurité des soins.
Elle a également insisté sur la responsabilité des autorités de réglementation qui, au même titre que les praticiens, doivent adopter une démarche de management de la qualité fondée sur la transparence, la traçabilité et la performance institutionnelle.
De la conformité à la performance : une culture d’amélioration continue
Selon la représentante du ministère, le pharmacien, en tant qu’acteur stratégique de la sécurité sanitaire, doit désormais aller au-delà de la simple conformité réglementaire pour atteindre un niveau de performance durable. Cela suppose d’intégrer dans chaque pratique les notions de qualité, d’efficacité et d’amélioration continue.
La démarche qualité, a-t-elle expliqué, est une démarche volontaire, structurée et évolutive, qui vise à garantir la satisfaction du patient, la conformité aux exigences et la création d’une valeur ajoutée pour le système de santé.
Chaque non-conformité identifiée devient alors une opportunité d’amélioration, une source d’innovation et un levier de performance.
Elle a souligné, dans ce sens, que la maturité d’un système de management de la qualité se mesure non seulement à sa conformité aux référentiels internationaux, mais surtout à sa capacité à produire de la valeur, à répondre aux attentes des patients et à renforcer la confiance dans les institutions de santé.
Une vision durable de la qualité
Pr Mansouri a conclu en affirmant que la qualité dans les métiers de la pharmacie ne doit pas être perçue comme une contrainte, mais comme une dynamique de progrès continu et un instrument stratégique au service du malade.
Passer de la conformité à la performance, a-t-elle résumé, c’est transformer la qualité en valeur durable, en culture professionnelle partagée et en engagement collectif au service d’un système de santé sûr, efficace et équitable.
Rania N.
