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Santé pour tous : Le pari réussi de la décentralisation médicale

L’année 2025 restera comme un jalon majeur dans l’histoire du système de santé algérien. Plus qu’une succession de projets, elle a marqué l’affirmation d’une véritable doctrine sanitaire, portée au plus haut niveau de l’État par le président Abdelmadjid Tebboune. Une doctrine qui ne s’est pas limitée à soigner, mais qui a placé la prévention au cœur de l’action publique, faisant de 2025 l’année de l’anticipation sanitaire.

Campagnes nationales de sensibilisation, opérations de rattrapage vaccinal, journées dédiées à la vaccination infantile et au dépistage des maladies évitables : l’État a misé sur la protection en amont pour réduire durablement la charge des pathologies évitables et renforcer l’immunité collective.

Dans ce nouveau paradigme, la santé publique s’est imposée comme un enjeu de souveraineté, d’équité territoriale et de sécurité sociale, avec un cap clair : garantir à chaque citoyen, enfant comme adulte, un accès équitable à des soins de qualité mais aussi les moyens de préserver sa santé, où qu’il vive.

L’année a également été marquée par un tournant à la tête du secteur sanitaire. En septembre, le cardiologue Mohamed Seddik Aït Messaoudene a été nommé ministre de la Santé, succédant à Abdelhak Saihi, au sein du gouvernement conduit par Sifi Ghrieb. Cette transition s’est opérée dans un esprit de continuité, avec pour ambition d’accélérer la mise en service des infrastructures hospitalières stratégiques et de consolider les priorités structurantes du système national de soins.

Au cœur de ces priorités figure la lutte contre le cancer, désormais élevée au rang d’enjeu majeur de santé publique. Une avancée décisive a été enregistrée avec la création d’une base de données nationale intégrée, reliant hôpitaux, laboratoires et centres spécialisés. Cet outil permet aujourd’hui une vision épidémiologique plus précise de la maladie et une planification plus efficiente des parcours de prise en charge. Cette dynamique est appuyée par 22 sous-commissions spécialisées, placées sous l’autorité de la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer, chargées de structurer et de coordonner la réponse nationale.

Mais c’est surtout dans la prise en charge des enfants atteints de cancer que l’année 2025 a marqué une rupture historique, traduisant un engagement renforcé de l’État en faveur de l’équité, de la solidarité et de la justice sanitaire.

Priorité absolue à l’oncologie et à la pédiatrie

L’année 2025 a marqué un tournant décisif dans la prise en charge sanitaire de l’enfant. En octobre, sur instruction du président de la République Abdelmadjid Tebboune, une convention d’envergure a été conclue entre la CNAS et plusieurs établissements de santé publics et privés, garantissant la gratuité totale de la radiothérapie pour les enfants atteints de cancer. Une décision forte, qui consacre le droit de chaque enfant algérien à être soigné dans son pays, sans contrainte financière ni exil médical. Pour de nombreuses familles, cette mesure a mis fin à des parcours thérapeutiques lourds, coûteux et souvent incertains.

Parallèlement, la prévention pédiatrique s’est imposée comme un axe central de l’action publique. Une vaste campagne nationale de rattrapage vaccinal a été déployée dès le mois de juin, suivie, en novembre et décembre, des Journées nationales de vaccination contre la poliomyélite, ciblant 4,5 millions d’enfants. Des actions spécifiques contre la diphtérie et d’autres maladies évitables ont été renforcées par une surveillance épidémiologique plus fine et plus réactive.

Dans le même esprit, une stratégie nationale dédiée aux maladies rares, dotée d’un budget annuel de 30 milliards de dinars, a été lancée afin de réduire les délais de diagnostic et d’améliorer l’accès aux soins spécialisés, notamment pour les enfants souffrant de pathologies complexes.

Au-delà des infrastructures et des équipements, 2025 a également marqué une avancée décisive sur le plan numérique. L’instauration de l’Identifiant national du patient (INP) a profondément transformé l’organisation des soins, en offrant à chaque citoyen un dossier médical numérique unique, adossé à son numéro d’identification national. Antécédents, examens biologiques, imagerie et parcours thérapeutique suivent désormais le patient d’un établissement à l’autre, garantissant une continuité et une sécurité accrues des soins.

Cette transformation s’est consolidée en décembre avec la signature d’une convention historique entre le ministère de la Santé et le Haut-Commissariat à la numérisation, permettant l’hébergement de l’ensemble des données de santé sur un Cloud national souverain. Une avancée majeure qui a réduit la répétition inutile des examens, optimisé les ressources et libéré des marges financières immédiatement réinvesties dans l’acquisition de traitements innovants, au bénéfice direct des patients.

La santé de proximité : 48 nouveaux hôpitaux pour le Grand Sud et les Hauts Plateaux

​ L’année 2025 a profondément redessiné la géographie des soins en Algérie. L’une des grandes réussites de cette année réside dans la fin de la centralisation des soins vers le Nord. Cette nouvelle approche s’est traduite par la mise en service de 48 nouveaux établissements de santé, renforçant le réseau public de 12 240 lits supplémentaires.

La priorité a été donnée aux territoires longtemps en déficit d’offre médicale. Dans le Grand Sud et les Hauts Plateaux, la réalisation de 48 hôpitaux de proximité de 60 lits a permis d’assurer, pour la première fois, un accès effectif à la chirurgie de base et aux soins hospitaliers essentiels pour des milliers de citoyens éloignés des grands centres urbains.

Dans le même temps, douze pôles hospitaliers de 240 lits ont vu le jour dans les grandes agglomérations afin de soulager les hôpitaux historiques. L’ouverture de l’hôpital de Réghaïa, en décembre, illustre cette volonté de doter chaque région d’un plateau technique moderne, capable de prendre en charge localement des actes médicaux et chirurgicaux complexes.

Cette montée en puissance des infrastructures s’est accompagnée d’une réforme ciblée des urgences médico-chirurgicales, longtemps point faible du système. Plus de 150 services d’urgence ont été réhabilités, modernisés et dotés d’une autonomie fonctionnelle, intégrant radiologie et laboratoires d’analyses. Résultat concret pour les patients : des délais de prise en charge raccourcis, une meilleure orientation des malades et une qualité de service sensiblement améliorée.

Rania N.

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