Le ministère de la Santé mise sur le dépistage précoce, les soins de proximité et l’amélioration de la prise en charge des troubles mentaux. L’autisme et les addictions figurent également parmi les priorités, avec plus de 400 patients bénéficiant d’un traitement de substitution aux opioïdes.
L’Algérie entend renforcer la prévention et améliorer l’accès aux soins en santé mentale, avec la prolongation jusqu’en 2030 du Plan national de promotion de la santé mentale, initialement prévu pour la période 2017-2020. Cette orientation a été mise en avant mardi 13 octobre, à Alger, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de la santé mentale, organisée par le ministère de la Santé.
Présidée par le chef de cabinet du ministère, le docteur Hadj Maâti Khalil, au nom du ministre Mohamed Seddik Aït Messaoudane
L’objectif affiché est de consolider les dispositifs de prévention, de renforcer les capacités de prise en charge et de mieux répondre aux besoins psychologiques de la population. Le ministère souligne également la nécessité d’évaluer les actions déjà engagées afin d’identifier les insuffisances et d’améliorer l’efficacité des programmes.
Dépistage précoce et soins de proximité
Parmi les principales orientations retenues figure la priorité accordée à la prévention et à l’intervention précoce, plutôt qu’à une prise en charge limitée aux troubles déjà installés. Cette démarche repose notamment sur la sensibilisation du public, le repérage des premiers signes de souffrance psychologique et la réduction des facteurs de risque.
Le développement des soins de proximité constitue un autre axe majeur. Il vise à faciliter l’accès aux services spécialisés, à assurer la continuité des soins et à rapprocher les structures de prise en charge des citoyens. Cette approche doit également favoriser l’intégration sociale et familiale des personnes souffrant de troubles mentaux.
Le ministre a rappelé que la santé mentale constitue une composante essentielle de la santé publique. Il a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents secteurs concernés, la prise en charge nécessitant une complémentarité entre les interventions sanitaires, sociales et préventives.
Autisme et addictions : des progrès dans la prise en charge
Le bilan présenté par le ministère fait état de progrès dans la prise en charge des enfants et des adolescents, ainsi que de l’adoption du Plan national sur l’autisme en 2025.
Les services consacrés aux addictions ont également été élargis. Selon les données communiquées lors de cette rencontre, plus de 400 patients bénéficient actuellement d’un traitement de substitution aux opioïdes, introduit dans le cadre du renforcement des dispositifs de prise en charge.
Ces mesures s’inscrivent dans la stratégie nationale multisectorielle de lutte contre les drogues, qui vise à améliorer la coordination entre les structures sanitaires et les acteurs sociaux, tout en favorisant le rétablissement et la réinsertion des personnes concernées.
Le ministère met également l’accent sur la formation continue des professionnels de santé et le renforcement des capacités d’intervention psychologique en situation de crise, notamment lors des urgences et des catastrophes naturelles.
Des défis qui persistent
Malgré les avancées enregistrées dans le développement des infrastructures, le renforcement des compétences professionnelles et l’amélioration de la disponibilité des médicaments, plusieurs défis demeurent.
Les transformations démographiques et sociales, les traumatismes psychologiques liés aux catastrophes naturelles et les effets des conditions environnementales imposent, selon le ministère, une réponse plus intégrée et adaptée aux différentes situations.
La mise en œuvre du plan national a, par ailleurs, été affectée par les conséquences de la pandémie de Covid-19, ce qui a ralenti certaines mesures initialement programmées.
Sur le plan juridique, la prise en charge de la santé mentale s’appuie notamment sur la loi n° 18-11 relative à la santé, qui consacre plus de quarante articles aux différentes dimensions des soins et à la protection des droits des patients.
Quatre priorités à l’horizon 2030
Pour poursuivre le développement de la politique nationale, le ministère a retenu quatre orientations : renforcer la prévention et le dépistage précoce, développer les services de santé mentale et les soins de proximité, améliorer la coordination intersectorielle et adapter les interventions aux différentes étapes de la vie ainsi qu’aux besoins de la population.
L’évaluation du plan national doit permettre de mesurer les résultats obtenus, de repérer les lacunes et de définir les ajustements nécessaires. Le suivi des actions et le recours à des indicateurs précis doivent contribuer à améliorer l’efficacité des programmes jusqu’en 2030.
Au-delà des dispositifs médicaux, le ministère insiste sur la nécessité de lutter contre la stigmatisation et la discrimination associées aux troubles mentaux. La sensibilisation des familles et du grand public est essentielle pour encourager les personnes en difficulté à demander de l’aide sans attendre.
La réalisation de ces objectifs repose sur une mobilisation conjointe des professionnels de santé, des pouvoirs publics, des familles, de la société civile et des médias, afin de favoriser une prise en charge plus accessible, continue et adaptée aux besoins de chacun.
Rania. N
