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Plan cancer 2015-2019 : La Cour des comptes confirme les conclusions du Pr Zitouni

L’évaluation du plan cancer présentée par le magistrat de la cour des comptes M. Ali Barar, lors des assises nationales de prévention et de lutte contre le cancer, organisées les 3 et 4 mai dernier sous l’égide de du Président de la République, consolide le rapport portant étape d’évaluation de la mise en œuvre des actions du Plan national cancer 2015-2019, élaboré par le Comité de Pilotage et de Suivi du « Plan National Cancer 2015- 2019 », à sa tête le coordonnateur le Pr Messaoud Zitouni et remis au gouvernement.

Une vingtaine de synthèses d’évaluation de la mise en œuvre des actions des huit axes du plan national cancer dont le programme de dépistage de certains cancers et un rapport d’évaluation  ont été réalisées et finalisés.

Le magistrat de la cour des comptes a mis en avant, lors de ces assises, toutes les difficultés empêchant la mise en œuvre des 287 mesures répartie sur les huit axes malgré les apports financiers colossaux engagés par l’Etat dont le compte d’affectation spéciale Fonds de lutte contre le cancer dont la recette globale avoisine  les 70 milliards de dinars dont les dépenses ne dépassent pas les 13% pour l’année 2023.

La défaillance de la planification budgétaires

 M.Berrar n’a pas mâché ses mots et il n’ a pas hésité à relever un «manque de coordination et de coopération» entre les sous -comités chargés de l’évaluation, de suivi et celui chargé de la mise en œuvre du plan au niveau multisectorielle dont le ministère de la santé :

«il y a une déficience  dans le pilotage de l’intersectorialité» a souligné M. Berar tout en faisant référence aux lacunes et à «la défaillance de la planification budgétaires  impactant  l’application des mesures sur le terrain que ce soit pour le dépistage, le suivi des patients, la prévention, le système d’information et traitement (oncologie et radiothérapie), a-t -il ajouté en mettant en exergue le défi des lourdeurs administratives.

«Contraintes bureaucratiques et le manque de synergie» entre “le médical porteur d’action et l’administration centrale chargée de la logistique“, note le magistrat tout en relevant d’ autres problématiques liées à la ressources humaines, aux structures, les équipements en pannes et autres moyens …

Les  plaintes du comité confirmées par la cour des comptes.

Témoignant de la rigueur et de l’objectivité du Comité de Pilotage et de Suivi du «Plan National Cancer 2015- 2019», à sa tête le coordonnateur le Pr Messaoud Zitouni, le rapport d’étape rédigé par le comité sur la base de 21 moutures porte les mêmes plaintes et remarques de la cour des comptes.

«les travaux ont été ralentis par des freins bureaucratiques souvent inexpliqués et les retombées de la pandémie Covid-19», a noté le comité de pilotage et de suivi du plan national cancer 2015-2019 et de signaler qu’un programme de dépistage du cancer du sein mené par un groupe d’experts a été mis en place  dans le cadre des travaux du comité de pilotage du plan national cancer 2015-2019  et  fixé par un arrêté interministériel du 14 juillet 2018  avec désignation de cinq zones pilotes dont une seule wilaya à savoir Biskra a donné des résultats.

Retardé par la pandémie qui a sévit depuis 2020, le rapport d’évaluation  a été  soumis aux différents acteurs  ayant participé à l’élaboration de ce programme pour enrichissement en prévision d’une rédaction  du rapport final.

Le comité de pilotage et de suivi regrette que ce programme finalisé et « adressé aux différents responsables en février 2017, a malheureusement connu un retard de plus d’une année pour commencer sa mise en œuvre après de multiples rappels», tout relevant un paradoxe d’une part, «la qualité du contenu du travail accompli par tous les membres, en termes de pertinence dans la réflexion, d’ambition dans les propositions et de réalisme dans les objectifs et d’autre part de l’absence d’efforts et de volonté de la part des décideurs pour une mise en œuvre efficace».

Parmi ces difficultés qui  ont retardé la mise en œuvre de ce dépistage, on relève «les lourdeurs administratives répétées et les pratiques bureaucratiques paralysantes ainsi qu’un manque de coordination», a écrit le comité

Travail scientifique effectué par  les groupes d’experts 

Cette étape d’évaluation de mise en œuvre des actions, est importante  selon le coordonnateur  du plan cancer le Pr Messaoud Zitouni. «Il s’agit d’un travail scientifique qui a été effectué par les groupes d’experts et de nombreuses propositions ont été faites avec professionnalisme et beaucoup d’objectivité basés sur de preuves scientifiques pour les différentes axes stratégiques notamment pour la prévention , le diagnostic, le traitement, la formation etc», nous a- t-il confié.

Le Pr Zitouni estime qu’en référence aux travaux effectués sur le terrain par les experts, il est important de revoir les mécanismes de prise en charge et améliorer les soins surtout pour ce qui est de la radiothérapie. Un problème qui se pose aujourd’hui avec acuité au niveau national.

Pour le Pr Zitouni, le plan national qui a connu  les différente étapes constitue une vraie stratégie avec une feuille de route  basée sur  des considérations purement scientifiques. Une stratégie  qui permettra, a t-il souligné, à l’Algérie de mieux appréhender cette maladie sur plusieurs facettes à travers les différents axes pour les prochaines années.

Djamila Kourta

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