Après 5 ans d’absence de l’activité chirurgicale de l’implant cochléaire pour les patients présentant une surdité profonde ou sévère; dans les services d’orl et CCF hospitalo universitaires à l’échelle nationale pour non disponibilité , la PCH a obtenu l’accord pour importer 1180 implants Cochléaires afin de faire bénéficier essentiellement les enfants, dans une proportion beaucoup plus importante que les adultes .
Quant aux cliniques privées, elles opèrent un nombre très limité de patients nantis ou qui sont aidés par des associations caritatives.
Le nombre de cliniques pratiquant ces interventions se limite au nombre de doigts d’une main.
Les autorités de notre pays ont fait, depuis une vingtaine d’année de cet handicap majeur, qu’est la surdité, un problème de santé publique.
Surdité, un véritable problème de santé publique
Une réelle politique de santé s’était mise en place depuis l’année 2007 où tous les équipements et instrumentations nécessaires et indispensables ont été mis à disposition des blocs opératoires et des équipes d’orthophonistes et audiologistes qui prennent en charges les patients implantés.
La mise à niveau matérielle et la formation à la prise en charge chirurgicale et suivi orthophonique était une condition sine quanone pour toute autorisation à cette nouvelle technique et nouvelle activité multidisciplinaire pour la réussite de la démutisation de la parole et la réintégration de l’enfant dans le circuit scolaire.
Reprise de l’activité chirurgicale après 5 ans d’interruption
Après une interruption de 5 ans suite à la grande épidémie du Covid , la reprise des interventions chirurgicales et la prise en charge orthophonique ont repris de plus utile et de plus belle leur activité.
C’est ainsi qu’en fonction des capacités des services et des enveloppes budgétaires allouées aux structures concernées que les répartitions se font pour leur attribution. Leurs nombres varient de 20 à 100 implants cochléaires.
Certes si certains patients en attente sur les listes inscrits peuvent en bénéficier, plusieurs autres n’auront pas cette chance.
En effet la liste dans plusieurs services dépassent en nombre de patients, le nombre d’implants cochléaires acquis. Les causes sont les capacités du service et l’enveloppe budgétaire attribuée au CHU.
Comment améliorer la prise en charge de ces patients et leur parcours de soin?
- Nécessité de créer un comité de spécialité régionale CSR et national CSN afin de coordonner l’activité au sein de la même spécialité et éviter le nomadisme médicale et orienter les patients en fonction de critère.
- Eviter aux patients de déposer des dossiers dans plusieurs services afin d’augmenter les chances d’être pris en charge mais qui perturbe la planification et la programmation des interventions chirurgicales.
- En limitant les distances entre les patients et leurs parents en les rapprochant de services implanteurs
- En augmentant les capacités des services et les enveloppes budgétaires limités dans la prise en charge
- En organisant les mobilités des équipes en jumelant les services aussi bien entre ceux du nord qu’ avec les 3 services du grand sud.
- En centralisant les listes des patients et en les orientant dans le service le plus proche ou le moins éloigné. (une initiative a été prise il y a une dizaine d’année au niveau du ministère de la santé mais non suivi d’effet).
- En numérisant les listes des différents services , en intégrant et en centralisant une base de données.
- Instituer un fichier commun pour identifier les patients se trouvant inscrits dans plusieurs listes, dans les différents services, dans le but de les orienter dans le service le plus proches de leur résidence.
- Avoir des chiffres précis dans chaque service et permettre une gestion financière rationnelle des commandes par hôpital.
- Prévoir l’hébergement des parents et leurs prises en charge dans des foyers a proximité de l’hôpital.
- Faciliter les transports pour les patients qui doivent se déplacer deux fois par semaine pendant plusieurs années pour l’éducation orthophoniques, les réglages et le suivi par le chirurgien ORL.
- Engager la réflexion pour les patients se prenant en charge dans les cliniques privées et qui nécessite une somme très élevée avoisinant les 5 millions de dinars ou le prix de l’implant de 2,5 à 3 millions de dinars, l’acte chirurgical, les frais de la clinique entre 200000 à 300000 dinars les séances de réglages, les séances d’orthophonie pendant plusieurs mois.
Des résultats concrets : insertion scolaire et réussite professionnelle
La stratégie adoptée par notre tutelle faisant de la surdité un problème de santé publique et les moyens mis à la disposition des services universitaires ORL et CCF pour la prise en charge optimale aussi bien chirurgicale qu’orthophonique a été bénéfique pour des milliers d’enfants malentendants profonds et leur insertion scolaire dont certains ont pu accédé aux études universitaires couronnées de diplômes et leur ont permis d’occuper des postes dans l’enseignement et dans des administrations dans plusieurs secteurs pour ceux ou celles opérés il y’a une vingtaine d’années.
Une organisation constituée en comité régional de spécialité, en particulier pour les patients à implanter permet une prise en charge optimale en coordonnant l’orientation des patients en les rapprochant des services implanteurs.
Notre système de santé est l’un des seuls parmi les pays maghrébins et africaines à avoir une grande expérience dans ce domaine et avoir pris en charge gratuitement des milliers de jeunes patients.
Le seul bémol , il faut une législation qui régit cette activité dans les cliniques privées en prévoyant un remboursement par les caisses de sécurité sociale.
Pr Omar Zemirli
Ex chef de service orl /ccf Chu Beni Messous
