L’avènement des traitements innovants biologiques qui prennent la place des médicaments classiques chimique témoigne de l’importante avancée dans la compréhension et la connaissance des mécanismes à l’origine de l’inflammation issue de la maladie d’asthme.
La prise en charge de l’asthme allergique sévère avec ses nombreuses comorbidités allergiques s’inscrit désormais dans une nouvelle approche appelée communément médecine de précision.
Ce qui nécessite de nouvelles explorations et procéder au phénotypage afin de cibler les molécules à l’origine du déclenchement des symptômes telles que les exacerbations et les traiter.
«Des études récentes ont montré que la cellule l’éosinophile considérée comme une cellule effectrice participant à la réponse de l’immunité, émerge maintenant comme un élément clé qui contribue à initier ou entretenir une réponse inflammatoire lors d’une infection parasitaire, allergique ou tumorale», relève l’équipe du service d’immunologie de la clinique Sainte Thèrèse au CHU de Annaba dans l’article «Focus sur le polynucléaire Eosinophile : Nouveauté en physiologie» publié dans la revue algérienne d’allergologie et d’immunologie clinique l’organe officiel de la société algérienne d’allergologie et d’immunologie clinique (AAAIC) distribué lors du 7éme congrès de l’AAAIC qui s’est tenu les 8 et 9 décembre dernier à Alger avec le fil rouge la médecine de précision.
Cette réponse inflammatoire de type 2 a un point commun entre l’asthme sévère, la dermatite atopique, la polypose nasale, l’oesophagie à éosinophiles et autres allergies.
Elle est caractérisée par la production des cytokines inflammatoires à savoir les interleukines l’IL-4, l’IL5 et l’IL-13 qui contribuent au dysfonctionnement de la barrière de la peau notamment dans la dermatite topique et les tissus épithéliaux, a expliqué le Pr Réda Djidjik, chef de service d’immunologie au CHU de Beni Messous.
«Ce sont ces cytokines qui sont impliquées dans ces maladies inflammatoires» a-t-il expliqué en précisant que l’inflammation de type 2 peut affecter plusieurs organes dont la peau, les voies respiratoires et le système gastro-intestinal.
Pour s’attaquer à cette inflammation, il est important de rechercher les biomarqueurs et l’éosinophile renseigne sur la caractéristique de l’inflammation a souligné le Pr Djidjik.
«Il suffit de faire des examens biologiques facile et pas cher à travers le dosage de l’éosinophile sanguine, le dosage des Ige et autres. Ce sont des examens très classiques à la portée de tous les laboratoires afin de statuer sur l’inflammation et cherche les phénotypes», a-t-il indiqué.
L’identification et la connaissance des profils de sensibilisation allergique, poursuit-il, permettront une meilleure compréhension afin d’adapter le traitement qui convient selon le patient. Des molécules sont aujourd’hui disponibles en Algérie pour prendre en charge ces patients et les soulager de ces maladies très lourdes.
Djamila Kourta
