Aller au contenu
Diabète et Ramadan : «le dernier mot revient au médecin», selon Pr Samir Aouiche

Diabète et Ramadan : «le dernier mot revient au médecin», selon Pr Samir Aouiche

Jeûner lorsqu’ on est diabétique est une question qui revient  à l’approche de chaque mois de Ramadan. Certains patients, pour qui le jeûne n’est  pas recommandé, insistent pour le faire en raison de leurs convictions religieuses ou pour ne pas se sentir exclus du moment de convivialité lors de la rupture du jeûne, entre autres.

Comment jeûner sans risque quand on est diabétique ? «Le dernier mot revient au médecin traitant », tranche Pr Samir Aouiche, diabétologue et endocrinologue, et chef d’unité diabétologie à l’hôpital Mustapha Bacha, lors de la 10e édition du Beker Média Training organisé par le laboratoire Becker, le 18 février à l’occasion de la  3ème semaine nationale de prévention lancée par le ministère de la santé  le 16 février 2025.

«Le jeûne chez le diabétique doit être pris au sérieux pour préserver sa santé. Il faut absolument que le patient diabétique qui désire faire le jeûne consulte son médecin traitant deux à trois mois avant le mois de Ramadhan pour savoir s’il risque d’avoir des complications de santé», prévient Pr Samir Aouiche.

Il explique que le patient diabétique qui jeûne encourt des risques potentiels : d’hyperglycémie, d’hypoglycémie, d’acidocétose diabétique, la déshydratation ou accident thrombo-embolique.

Selon les résultats de quelques enquêtes, auxquelles il a fait référence, le nombre de jeûneurs diabétiques de type 1 et de type 2 a augmenté pendant la pandémie du Covid19, et cela en raison de leurs convictions religieuses, précisant que l’Algérie est concernée par ces études.

« Profiling du patient »

En raison de la volonté de beaucoup de diabétiques de jeûner, dont certains le font sans prendre l’avis du médecin, les critères d’évaluation ont été revus en 2021. Désormais, les médecins évaluent les risques, selon un nouveau score plus personnalisé et individualisé. «Auparavant, le diabétique de type 1 ne jeûnait pas, mais actuellement, il existe un score, basé sur le profiling du patient», explique Pr Aouiche.

«Le médecin traitant doit évaluer le niveau de risque : le type du diabète, les médicaments du patient, le risque individuel hypoglycémique, le risque de déshydrations, la présence de complications ou des comorbidités associées qui contre-indiquent le jeûne, le contexte social (si la personne vit seule car cela augmente le risque), les conditions de travail du patient, et l’expérience du Ramadan précédent… », explique-t-il.

Afin de s’assurer que le patient est capable de jeûner sans risque, Pr Samir Aouiche recommande d’accompagner le patient avec une éducation thérapeutique, basée sur six points clés. Il explique : « Avant le Ramadan, le médecin traitant doit quantifier les risques, opérer un ajustement des traitements, donner des conseils diététiques au patient, recommander une activité physique, l’autosurveillance glycémique, et savoir à quel moment le patient doit rompre le jeûne, en cas de complication ».

Yamina Baïr

error: Content is protected !!