L’arreté signé le 8 octobre 2026 (correspondant au 26 Rabie Ethani 1448) par le ministre de l’industrie pharmaceutique, Oucim Kouidri, fixe la nouvelle liste des médicaments essentiels publiée sur le site du ministère.
Un cadre juridique consolidé
Cet arrêté s’inscrit dans le prolongement de plusieurs textes réglementaires majeurs régissant la santé publique et l’organisation gouvernementale, notamment la loi n° 18-11 du 2 juillet 2018 modifiée et complétée, le décret exécutif n° 21-224 du 24 mai 2021, qui définit les modalités précises d’établissement de cette liste essentielle et autres dispositions réglementaires.
vignt deux classes thérapeutiques sont répertoriées dans cette liste de médicaments essentiels correspondant à 424 substances médicamenteusesce qui représente 1 066 produits pharmaceutiques.
Un outil de pilotage pour l’avenir
Cette liste se veut un véritable instrument de pilotage stratégique affirme le ministère de l’industrie pharmaceutique. Elle doit permettre de rationaliser l’utilisation des ressources publiques, d’orienter efficacement la production locale et de cibler les importations selon de strictes priorités sanitaires.
Rappelons qu’une liste des produits pharmaceutiques et dispositifs médicaux critiques a été, par aillaurs, fixée par la décision n: 005 16 mars 2026 et publiée par le ministère de la santé.

Une comparaions globale des deux listes selon les différentes classes thérapeutiques notamment le diabète, cancérologie et cardiologie nous renseigne sur deux aspects distincts. L’analyse croisée permet de dégager une double lecture institutionnelle, stratégique et opérationnelle de la politique pharmaceutique en Algérie en 2026.
A travers la liste des produits pharmaceutiques et dispostifs critiques, il est clair que le ministère de la santé opte pour une gestion de l’urgence et du risque clinique qui instaure une veille sanitaire réactive. C’est ce qui se lit au vu du choix des molécules qui répond à un critère d’urgence vitale immédiate : que ce soit en réanimation cardiaque (adrénaline, dobutamine), en oncologie (sels de platine, taxanes) ou dans les urgences endocriniennes (insulines, glucagon), la liste cible ce qui ne peut souffrir d’aucune rupture sous peine de mettre en jeu le pronostic vital à court terme.
Elle intègre d’ailleurs massivement les dispositifs médicaux (fils de suture, sondes, kits de dialyse, poches à sang), indispensables au fonctionnement matériel des blocs et hôpitaux.
l’approche macro-économique et industrielle
Le Ministère de l’Industrie Pharmaceutique, adopte, de son côté, une vision plutôt structurelle vers une souverainté pharmaceutique .L’approche est par contre macro-économique et industrielle. L’objectif n’est pas seulement de gérer une pénurie ponctuelle, mais de planifier l’indépendance sanitaire du pays.
Ainsi, les deux listes se superposent pour former un filet de sécurité complet : l’une protège le patient aujourd’hui contre les ruptures de stocks hospitalières immédiates , l’autre garantit la pérennité et l’autosuffisance du système de soins pour demain afin de pérenniser la production locale des molécules de fond les plus prescrites en officine et de sécuriser l’approvisionnement des pharmacies et de maîtriser la facture des importations.
Djamila Kourta
