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conférence du pr Faycal Djeridane

IA et santé : l’Algérie appelée à miser sur les compétences locales

L’Algérie dispose des compétences et des capacités nécessaires pour développer ses propres solutions d’intelligence artificielle (IA) dans le domaine médical et contribuer, à terme, à leur exportation vers d’autres pays. C’est le message défendu par le professeur Fayçal Djeridane, directeur de l’innovation chez Canon Medical, fondateur d’Olea Medical et membre du Haut Conseil national de la communauté nationale à l’étranger, lors d’une conférence organisée dimanche au Forum de DK News, à Alger, sous le thème : « L’intelligence artificielle et l’innovation médicale : quelles perspectives pour le système de santé en Algérie ».

Pour l’intervenant, la modernisation du secteur de la santé ne doit pas se limiter à l’importation de technologies développées à l’étranger. Elle doit s’appuyer sur une stratégie nationale d’innovation, fondée sur la valorisation des compétences algériennes et le développement de solutions adaptées aux besoins du système de santé.

« Si nous faisons ce qu’il faut, ce sera à nous d’exporter nos solutions vers les autres pays », a-t-il estimé, soulignant le potentiel de l’Algérie dans le domaine de l’intelligence artificielle appliquée à la médecine.

Une vision en phase avec la modernisation du système de santé

Cette démarche s’inscrit dans les enjeux de modernisation et de transformation numérique du système de santé, portés par le ministre de la Santé, le professeur Mohamed Seddik Aït Messaoudène. La numérisation des structures sanitaires, le développement des outils numériques et l’amélioration de la qualité des prestations constituent des leviers importants pour renforcer l’efficacité du système de santé et améliorer la prise en charge des patients.

Dans cette perspective, l’intelligence artificielle représente une opportunité pour accompagner cette transformation, notamment à travers l’exploitation des données médicales, l’aide au diagnostic et l’optimisation du parcours de soins.

Le conférencier  a encouragé cette orientation, en mettant l’accent sur la nécessité de passer de l’utilisation de technologies importées à la conception de solutions nationales. Une telle démarche permettrait de consolider les efforts de modernisation du secteur, tout en faisant de l’innovation médicale un levier de souveraineté technologique et de développement économique.

Miser sur les compétences nationales

Le Pr Fayçal Djeridane a plaidé pour une approche privilégiant la conception et le développement de technologies médicales en Algérie, plutôt que la reproduction de modèles étrangers à travers des acquisitions coûteuses en devises.

Cette orientation permettrait de mobiliser les ingénieurs, les chercheurs, les médecins et les spécialistes algériens autour de projets innovants, tout en renforçant l’autonomie technologique du pays. L’objectif serait de concevoir des outils répondant aux réalités locales, aux besoins des professionnels de santé et aux attentes des patients.

Dans cette perspective, les partenariats avec des entreprises européennes et internationales peuvent constituer un levier de transfert de connaissances et de développement technologique, à condition qu’ils contribuent également à renforcer les capacités nationales.

L’ambition défendue consiste ainsi à faire de l’innovation médicale un moteur de modernisation du système de santé et de développement économique. Au-delà de la satisfaction des besoins nationaux, la production de solutions algériennes pourrait ouvrir des perspectives sur les marchés africains et internationaux.

L’intelligence artificielle au service des patients

L’intégration de l’intelligence artificielle dans le système de santé ouvre des perspectives dans plusieurs domaines, notamment l’aide au diagnostic, l’analyse des images médicales, la détection précoce de certaines pathologies et l’amélioration de la gestion des établissements de santé, a t-il expliqué.

“Ces technologies pourraient également contribuer à mieux analyser le parcours des patients, à faciliter leur orientation entre les différentes structures de soins et à réduire les risques d’errance médicale, grâce à une meilleure exploitation des informations disponibles et à une assistance accrue aux professionnels de santé“, a t-il ajouté.

Le développement de ces applications en Algérie, a t-il conclut,  nécessiterait toutefois des investissements dans la recherche, les infrastructures numériques, la formation des professionnels et la sécurisation des données médicales. Leur déploiement devrait également s’accompagner d’une validation scientifique rigoureuse et d’un encadrement garantissant la sécurité des patients.

N. Hamrani

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