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Plus de 50 000 nouveaux cas de cancer en Algérie : La recherche et l’IA au cœur de la riposte

Plus de 50 000 nouveaux cas de cancer ont été enregistrés en Algérie en 2023. Un chiffre qui confirme l’ampleur du défi sanitaire auquel le pays est confronté et qui pousse les autorités à repenser leur stratégie de lutte contre cette maladie.

Désormais, la recherche scientifique, l’innovation technologique et l’intelligence artificielle (IA) sont appelées à jouer un rôle central dans la prévention, le dépistage et la prise en charge des patients.
Cette orientation a été au centre des débats du Colloque international sur la recherche en cancérologie, ouvert ce samedi au Centre international des conférences (CIC) Abdelatif-Rahal à Alger, sous le haut patronage du président de la République, Abdelmadjid Tebboune.
Organisée par la Commission nationale de prévention et de lutte contre le cancer en partenariat avec le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), cette rencontre réunit des experts, chercheurs et spécialistes nationaux et internationaux afin d’examiner les nouvelles approches scientifiques dans la lutte contre le cancer.

Une stratégie nationale axée sur l’innovation et l’IA

Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a rappelé que la lutte contre le cancer ne peut plus se limiter aux seuls traitements. Elle s’inscrit désormais dans la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre le cancer 2025-2035, qui mise sur :
La médecine de précision et la génétique pour des traitements personnalisés.
L’intelligence artificielle et l’analyse de données pour un diagnostic plus précoce.
La recherche appliquée et le transfert des résultats scientifiques vers les hôpitaux.
« Les pays ayant enregistré les progrès les plus significatifs sont ceux qui ont placé la recherche et l’innovation au cœur de leurs politiques sanitaires », a souligné le ministre.

Plus de 50 000 nouveaux cas recensés en 2023

Dressant un état des lieux de la situation épidémiologique, le ministre a souligné que le cancer demeure l’une des principales causes de morbidité et de mortalité à l’échelle mondiale. Selon les estimations internationales, près de 20 millions de nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année dans le monde, tandis que le nombre de décès atteint environ 10 millions. Les projections font état d’une hausse inquiétante des nouveaux cas, qui pourraient dépasser les 35 millions à l’horizon 2050.

En Algérie, le phénomène constitue également un défi majeur de santé publique. Les données du Réseau national des registres du cancer font état de plus de 50 000 nouveaux cas enregistrés en 2023. Le cancer du sein demeure le plus fréquent chez les femmes, alors que les cancers de la prostate et du côlon figurent parmi les plus répandus chez les hommes.

La recherche, un levier stratégique

Le premier responsable du secteur a mis en avant le rôle déterminant de la recherche scientifique dans l’amélioration des performances des systèmes de santé. Il a rappelé que les pays ayant enregistré les progrès les plus significatifs dans la lutte contre le cancer sont ceux qui ont placé la recherche et l’innovation au cœur de leurs politiques sanitaires.
Dans ce cadre, il a souligné les avancées réalisées dans les domaines de la médecine de précision, de la génétique, de l’intelligence artificielle et de l’analyse des données de santé, autant d’outils qui ouvrent la voie à une prévention ciblée, à un diagnostic plus précoce et à des traitements personnalisés.
La stratégie nationale prévoit ainsi le développement de la recherche appliquée et le transfert des résultats scientifiques vers les établissements de santé afin d’améliorer la qualité de la prise en charge des patients.

Renforcement du dépistage et des infrastructures spécialisées

Le ministre a également insisté sur l’importance du dépistage précoce, considéré comme l’un des moyens les plus efficaces pour augmenter les chances de guérison. À ce titre, le ministère de la Santé poursuit l’extension des programmes de dépistage organisés du cancer du sein et du cancer du col de l’utérus à travers l’ensemble du territoire national.
Parallèlement, l’État continue de renforcer les infrastructures spécialisées. L’Algérie dispose aujourd’hui de 15 centres de lutte contre le cancer, de 24 services de radiothérapie et de 61 accélérateurs linéaires. Cinquante-deux traitements innovants ont également été intégrés au système national de santé afin d’élargir les possibilités thérapeutiques offertes aux patients.

Miser sur les compétences nationales

M. Aït Messaoudène a estimé que les universités, les centres de recherche, les centres hospitalo-universitaires ainsi que les compétences algériennes établies en Algérie et à l’étranger constituent des atouts majeurs pour relever les défis futurs.
Il a indiqué que plus de 230 études cliniques ont été réalisées dans le pays au cours des quinze dernières années, dont plus de 20 % dans le domaine de l’oncologie. Plus de 500 projets de recherche liés au cancer sont actuellement en cours.
Le ministre a plaidé pour une meilleure exploitation des technologies émergentes, notamment l’intelligence artificielle, le renforcement des réseaux nationaux et internationaux de coopération scientifique, ainsi que le développement de mécanismes de financement et d’évaluation de la recherche.

Rania. N

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