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Santé au travail : L’investissement dans les travailleurs érigé en priorité stratégique

L’investissement dans la santé des travailleurs s’impose désormais comme un levier incontournable de développement. C’est le message fort délivré par le ministre de la Santé, le Pr Mohamed Seddik Aït Messouadène, qui a plaidé pour une approche proactive et durable de la prévention des risques professionnels, lors de la célébration de la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail.

Organisée au centre familial de la Caisse nationale des assurances sociales (CNAS) à Alger, cette rencontre, tenue à l’initiative du ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, Abdelhak Saihi, a réuni responsables institutionnels et représentants d’organismes nationaux et internationaux autour d’un enjeu central : replacer le capital humain au cœur des politiques publiques.

Dans son intervention, le ministre a tenu à déconstruire une idée encore largement répandue : celle qui considère la prévention des risques professionnels comme un coût. «Il s’agit d’un investissement direct dans l’avenir du pays», a-t-il affirmé, insistant sur le caractère rentable d’une politique de santé au travail efficace, tant pour la société que pour les entreprises.

Cette vision s’inscrit dans une dynamique impulsée par l’Organisation internationale du travail (OIT), à l’origine de cette journée mondiale, qui vise à promouvoir une culture de prévention et à renforcer l’engagement collectif en faveur de la sécurité des travailleurs.

La médecine du travail au cœur du système de santé

Longtemps reléguée au second plan, la médecine du travail connaît aujourd’hui un repositionnement stratégique. Le ministre a souligné qu’elle constitue désormais un pilier essentiel du système de santé, notamment dans la lutte contre les maladies chroniques liées aux conditions de travail, responsables d’une part importante des décès précoces et de la dégradation de la qualité de vie.

Dans cette optique, l’accent a été mis sur le dépistage précoce des maladies professionnelles, en particulier les cancers liés à l’exposition à des substances nocives. Une démarche qui repose sur l’évaluation anticipée des risques, le suivi médical régulier des travailleurs exposés et l’amélioration continue des conditions de travail.

Un cadre réglementaire en renforcement

Sur le plan réglementaire, des avancées notables ont été enregistrées. Le ministre a notamment mis en avant la promulgation du décret exécutif n° 26-143 du 30 mars 2026, relatif à la protection des travailleurs contre les risques liés à l’exposition au plomb et à ses composés.

Ce texte vient combler un vide juridique et offre un cadre clair pour une prise en charge préventive fondée sur des données scientifiques.

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Par ailleurs, le rôle du secteur de la santé dans l’élaboration des normes nationales et le renforcement des systèmes de surveillance sanitaire et environnementale a été réaffirmé, en coordination avec les différents secteurs concernés.

Vers une stratégie nationale intégrée

Au-delà des mesures ponctuelles, les autorités misent sur une vision à long terme. Le ministre a ainsi rappelé le lancement du plan stratégique national de la santé en milieu professionnel pour la période 2026-2030.

Ce projet ambitionne de structurer une approche globale fondée sur la coordination intersectorielle, la modernisation du cadre juridique et le développement des systèmes d’information et de suivi.

Toutefois, la réussite de cette stratégie reste conditionnée par une collaboration étroite entre les différents acteurs, notamment avec le ministère du Travail, considéré comme un partenaire clé dans la promotion de la santé au travail.

Renforcer les capacités et diffuser la culture de prévention

En conclusion, le ministre a insisté sur la nécessité de renforcer les compétences des médecins du travail, de moderniser les outils de surveillance médicale et de promouvoir une véritable culture de prévention au sein des entreprises. L’objectif étant de garantir des environnements professionnels sains, tant sur le plan physique que psychologique et social.

Un chantier de fond, qui confirme que la santé des travailleurs n’est plus une question secondaire, mais bien un enjeu stratégique pour l’avenir économique et social du pays.

Rania N.

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