Le ministère de l’Industrie pharmaceutique a lancé un projet de système d’information visant à assurer un suivi rigoureux et en temps réel de l’approvisionnement du marché national en médicaments et dispositifs médicaux.
Cette initiative s’inscrit dans le cadre des instructions du Premier ministre, formulées lors du Conseil interministériel du 9 avril 2026. Elle a été au cœur d’une réunion de coordination présidée, ce mercredi 15 avril, par le ministre de l’Industrie pharmaceutique, Wassim Kouidri, en présence de la Haut-commissaire à la numérisation, Meriem Benmouloud, et du ministre de la Poste et des Télécommunications, Sid Ali Zerrouki.
Une plateforme pour tracer le circuit du médicament
Au centre de ce projet figure la mise en place d’une plateforme numérique intégrée permettant de suivre l’ensemble du circuit du médicament, depuis le producteur ou l’importateur jusqu’au pharmacien, en passant par les distributeurs.
L’objectif est de garantir une traçabilité complète et fiable des produits pharmaceutiques, grâce à la collecte et à l’analyse de données en temps réel. Cette digitalisation devrait permettre aux autorités de mieux anticiper les besoins du marché et de réagir rapidement en cas de tensions sur certains médicaments.
Des obligations déclaratives renforcées
Le dispositif repose sur un système de déclaration obligatoire des stocks. Les fabricants et importateurs devront transmettre chaque semaine des informations détaillées sur leurs niveaux de stock, les quantités en cours de libération auprès de l’Agence nationale des produits pharmaceutiques, ainsi que les volumes distribués.
Les distributeurs en gros seront, pour leur part, soumis à une déclaration mensuelle. Une mesure qui vise à offrir une vision globale et actualisée des flux de médicaments sur le territoire national.
Une cellule de veille pour les médicaments essentiels
Afin de renforcer la surveillance du marché, une cellule dédiée a été installée au sein du ministère de l’Industrie pharmaceutique. Sa mission : assurer un suivi quotidien de l’approvisionnement, avec une attention particulière portée aux médicaments essentiels.
Cette cellule sera chargée d’analyser les indicateurs liés à la disponibilité des produits, d’identifier les risques de rupture et de proposer des mesures correctives pour garantir la continuité de l’approvisionnement.
Pour la Haut-commissaire à la numérisation, ce projet constitue un levier stratégique pour améliorer la gouvernance du secteur pharmaceutique. En centralisant des données fiables et précises, il permettra de faciliter la prise de décision et de renforcer la coordination entre les différents acteurs concernés.
Même son de cloche du côté du ministère de la Poste et des Télécommunications, qui voit dans ce système un véritable « tableau de bord numérique » capable de centraliser et d’analyser les données techniques en temps réel, tout en assurant un suivi efficace du circuit du médicament.
Vers une meilleure disponibilité des traitements
Avec ce projet, les autorités ambitionnent de réduire les risques de pénurie et d’améliorer durablement la disponibilité des médicaments sur le marché national. En misant sur la digitalisation et la coordination intersectorielle, l’Algérie cherche à consolider la sécurité pharmaceutique et à garantir un meilleur accès aux traitements pour les patients.
Rania. N
