Lancée dimanche dernier à Alger, la Semaine nationale de prévention entame sa troisième journée de mobilisation. Au-delà de l’aspect cérémonial, l’enjeu est de taille : transformer durablement les comportements des citoyens face à la montée des pathologies liées aux modes de vie contemporains.
Depuis le coup d’envoi officiel donné le 29 mars dernier à l’esplanade de Riadh El Feth, le secteur de la santé est en effervescence. A travers l’organisation de cette campagne qui doit s’étendre jusqu’au 4 avril, sous le slogan évocateur « Protégeons notre santé en adoptant des modes de vie sains », le ministère de la Santé tente une approche de proximité pour ancrer ce qu’il définit comme une véritable « culture de la prévention ».
Un impératif épidémiologique
Dans un contexte marqué par la progression des maladies liées au mode de vie, cette manifestation nationale vise à instaurer une véritable culture de la prévention au sein de la société. L’obésité, le tabagisme, la sédentarité et l’usage excessif des écrans ne sont plus des phénomènes, mais des déterminants majeurs de la santé publique. En ciblant ces facteurs de risque, les autorités sanitaires ambitionnent de réduire la prévalence des maladies non transmissibles (MNT), dont le coût humain et financier pèse lourdement sur le système national de santé.
Au-delà du discours, la pratique
Sur le terrain, la mobilisation se veut multisectorielle. Depuis dimanche, les établissements de santé, les structures scolaires et les espaces publics vibrent au rythme des journées portes ouvertes et des séances de dépistage précoce. L’implication des professionnels de santé ne se limite pas à la simple diffusion de messages de sensibilisation ; elle s’inscrit dans une démarche de suivi et d’évaluation des programmes de prévention existants.
Les thématiques abordées lors de cette édition 2026 sont vastes : de la santé environnementale à l’hygiène domestique, en passant par la sécurité routière et le bon usage des médicaments. Un accent particulier est mis sur la nutrition et l’activité physique, présentées comme les deux piliers d’une longévité de qualité.

Le défi de l’adhésion citoyenne
Toutefois, l’efficacité réelle de cette semaine nationale se mesurera à l’aune de l’adhésion citoyenne. Si l’intention est louable, le défi reste d’inscrire ces réflexes dans la durée, bien après la clôture de la campagne le 4 avril prochain. Pour les observateurs, la réussite de cette stratégie repose sur la capacité des pouvoirs publics à maintenir une communication constante et à impliquer plus activement la société civile.
Alors que la campagne entre dans sa phase active de mi-parcours, l’urgence demeure : faire de la prévention non plus une option, mais un réflexe vital au quotidien.
Rania. N
