Le président de la Commission médicale nationale, le Pr Djameleddine Nibouche, a indiqué que la greffe hépatique en Algérie est non seulement une prouesse technique, mais aussi un véritable projet de société tout en mettant en avant la stratégie nationale de santé visant à réduire le recours aux soins à l’étranger.
Intervenant à l’occasion de la cérémonie de signature de la convention ente la CNAS et le CPM pour la greffe de foie, le Pr Djamel Nibouche a souligné que, la greffe hépatique, l’une des interventions les plus complexes en médecine moderne : «nécessite bien plus que des compétences chirurgicales : elle mobilise l’ensemble du système de santé, les mécanismes de protection sociale et les valeurs collectives du pays».
Le président de la commission médicale nationale signale que face à une demande croissante de greffes, tant hépatiques que de moelle osseuse, «l’Algérie est aujourd’hui confrontée à l’impératif de structurer une réponse nationale efficace.».
Vers une souveraineté médicale retrouvée
Pr Nibouche rappelle que grâce à des bases techniques solides et à des ressources humaines qualifiées, l’Algérie est désormais en mesure de « développer pleinement cette spécialité sur son territoire ».
Toutefois, les défis sont multiples a-t-il précisé : «développer une véritable culture du don d’organes, structurer une coordination nationale, renforcer la formation des équipes multidisciplinaires et pérenniser les financements publics.»
Pour lui, chaque greffe réalisée en Algérie représente une avancée vers la souveraineté sanitaire. En plus de permettre une prise en charge locale, elle génère, selon lui, des économies significatives: «Une greffe effectuée à l’étranger coûte dix fois plus cher qu’une greffe locale. Il est temps d’ancrer durablement la greffe hépatique dans une stratégie nationale ambitieuse», a- t-il martelé
Des résultats déjà probants
Revenant sur les trois dernières années marquée par une baisse significative des transferts de malades à l’étranger, en particulier pour les enfants atteints de cardiopathies congénitales, Pr Nibouche se félicite que des cliniques comme celle de Bou-Ismaïl, en partenariat avec des équipes étrangères, assurent désormais localement ces interventions sensibles.
«D’autres progrès notables incluent l’introduction du traitement par Gamma Knife, la prise en charge des malformations cérébrales artério-veineuses, et l’élargissement de l’immunothérapie dans les protocoles anticancéreux», a-t-il déclaré. Ces avancées ont été rendues possibles grâce au conventionnement entre la CNAS et plusieurs établissements privés, a t-il rappelé.
La Commission Médicale Nationale, un acteur central
Pr Nibouche fait savoir qu’au cœur de cette dynamique, la Commission Médicale Nationale joue un rôle stratégique. «Bien plus qu’un organe chargé des transferts à l’étranger, elle se positionne comme un pilier de l’expertise scientifique et éthique», a t-il indiqué en soulignant que cette commission veille à «garantir l’équité des décisions, la rigueur médicale et oriente la politique nationale à travers des recommandations fondées sur des critères clairs et transparents.»
Des priorités claires pour l’avenir
Le président de la CMN relève que parmi les priorités à venir figurent le développement de la greffe hépatique, tant chez l’adulte que chez l’enfant, ainsi que la mise en place d’un programme structuré de greffe de moelle osseuse.
La prise en charge des scolioses et autres pathologies osseuses complexes est également au cœur des préoccupations, notamment à travers la mise à niveau de l’hôpital CNAS de Messerghine. Le renforcement de la chirurgie oncologique et l’organisation plus rigoureuse des soins dédiés aux maladies rares complètent cette feuille de route.
Par ailleurs, l’élargissement du conventionnement à ces pathologies spécifiques, associé à la construction d’établissements hospitaliers «clés en main» en partenariat avec des opérateurs internationaux expérimentés, est envisagé pour consolider durablement l’offre de soins sur le territoire national, a-t-il dit.
Un cap clair, un engagement fort
Soutenue par les deux ministères de tutelle, la stratégie nationale de santé vise à réduire le recours aux soins à l’étranger, à renforcer les capacités locales et à positionner l’Algérie comme un pôle médical de référence, un objectif aujourd’hui plus que jamais réalisable au vu des progrès accomplis, a t-il conclut.
Djamila K.
