La rencontre de l’ADPHA, tenue le jeudi 9 octobre à Alger et destinée aux pharmaciens directeurs techniques des établissements pharmaceutiques de distribution, a mis en lumière l’une des activités clés de la chaîne de l’industrie pharmaceutique.
L’ADPHA, le CNOP, le SNAPO ainsi que le ministère de l’Industrie pharmaceutique ont unanimement exprimé, avec force et conviction, l’importance stratégique que représente ce secteur dans le système de santé et la nécessité de sa réforme.
Les interventions des différents orateurs ont été marquées par des messages clairs, centrés sur des notions essentielles telles que la régulation, l’éthique, le contrôle rigoureux, la disponibilité des médicaments et la souveraineté sanitaire.
Un marché exposé aux dérives et un besoin de régulation
Sans tomber dans la démagogie, des vérités ont été affirmées avec franchise : le marché pharmaceutique est aujourd’hui exposé à de nombreuses dérives, telles que la vente concomitante, la promotion de médicaments sur internet ou encore les “packs gratuits”.
Face à cette situation préoccupante, l’ADPHA appelle à une restructuration et une régulation rigoureuse du secteur. S’exprimant au nom de l’ensemble de ses adhérents, l’association a dressé un état des lieux sans complaisance et a proposé des pistes concrètes de réforme à l’occasion de la 4ᵉ Journée nationale des distributeurs pharmaceutiques.
Le président de l’ADPHA, Maamar Chamlal, a souligné l’urgence de réviser le cahier des charges encadrant l’activité de distribution. Cette mise à jour permettrait de rationaliser le circuit de distribution du médicament, tout en garantissant une meilleure transparence et un encadrement renforcé.
« Elle inclurait également une revalorisation des marges bénéficiaires des distributeurs ainsi qu’un soutien logistique, notamment pour l’acheminement des produits pharmaceutiques vers les zones enclavées», a t-l souligné.
Il a également rappelé les difficultés rencontré par les distributeurs : «Nous faisons face à plusieurs obstacles, notamment un parc roulant vétuste, des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées et des contraintes logistiques importantes», a expliqué M. Chamlal.
Difficultés logistiques et urgence de revaloriser les marges
Il a également déploré l’absence d’actualisation des marges bénéficiaires depuis près de deux décennies. «Aujourd’hui, les marges ne tiennent pas compte des spécificités du transport : elles ne distinguent pas un produit standard d’un médicament exigeant des conditions particulières, comme les psychotropes ou ceux nécessitant une chaîne du froid», a-t-il précisé.
Le secrétaire général de l’ADPHA, Karim Radji, relève la nécessité d’élaborer un guide des bonnes pratiques de distribution, intégrant une charte d’éthique pour l’activité de distribution pharmaceutique.
Cette initiative, a-t-il expliqué, vise à responsabiliser l’ensemble des intervenants de la chaîne, du pharmacien directeur technique à ses collaborateurs, et à garantir la qualité et la sécurité des produits destinés aux patients.
Djamila Kourta
