Un décret signé le 13 octobre 2026 portant création d’un comité permanent de suivi et de traitement des demandes d’importation prévoit un traitement d’urgence pour les produits sensibles ou prioritaires pour l’approvisionnement du marché national et le fonctionnement des unités de production. Une mesure qui suscite déjà des interrogations dans le secteur de la santé et pharmaceutique.
Ce décret fixe également les missions de cette instance présidée par le ministre du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations ou son représentant. Sa composition comprend le ministre des Finances ou son représentant, le gouverneur de la Banque d’Algérie ou son représentant, le président de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers ou son représentant, ainsi que le président du Conseil du renouveau économique algérien (CREA) ou son représentant.
Le secrétariat de cette instance sera assuré par les services du ministère du Commerce extérieur et de la Promotion des exportations. Le comité pourra, par ailleurs, solliciter toute personne susceptible de contribuer à ses travaux et devra élaborer son propre règlement intérieur.
Elle se voit ainsi confier l’examen des dossiers ainsi que la mise en œuvre d’une procédure d’urgence dédiée aux produits dits sensibles ou indispensables à l’approvisionnement du marché national et au fonctionnement des usines locales.
Placée au cœur du dispositif, la plateforme numérique dédiée aux importations verra ses données analysées en continu par ce comité réunissant les représentants du Commerce extérieur, des Finances, de la Banque d’Algérie, du secteur bancaire et du Conseil du renouveau économique algérien (CREA).
Produits pharmaceutiques : qu’en est-il?
L’annonce mettant en avant une gestion plus dynamique des flux commerciaux ne précise aucunement la nature des produits importés concernés. Est ce que les médicaments et les dispositifs médicaux bénéficieront-ils explicitement de ce traitement d’exception ?
Qu’il s’agisse de médicaments essentiels, de réactifs de laboratoire, de matériel médical ou des matières premières destinées aux usines de fabrication locale, les délais d’approvisionnement conditionnent directement la prise en charge des patients. D’ailleurs, certains produits pharmaceutiques qu’ils soient des médicaments essentiels ou équipements ont connu des tensions ces derniers mois notamment pour les pieces de rechanges de équipements de radiotherapie et certaines molécules d’oncologie. Pour les acteurs du secteur, l’instauration de critères de priorité clairs et de procédures allégées constitue un levier déterminant pour prévenir toute rupture de stock.
Pour l’industrie pharmaceutique nationale, l’enjeu de ce nouveau dispositif est double : assurer la disponibilité continue des soins sur le marché tout en préservant la chaîne d’approvisionnement des unités de production locales.
Djamila Kourta
