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	<title>Archives des histoire de la médecine - tdmsanteinov</title>
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	<description>Votre Quotidien santé</description>
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		<title>Psychiatrie coloniale en Algérie : le Dr Ali Halitim dévoile « une histoire douleureuse longtemps occultée »</title>
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		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 20:28:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Actualité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un entretien exclusif accordé au journal l'Est Républicain Algérie réalisé par Kamel Benaiche, le psychiatre algérien, Dr Ali Halitim, revient sur son ouvrage de plus de 800 pages consacré aux pratiques de la psychiatrie durant la colonisation.</p>
<p>L’article <a href="https://www.tdmsanteinov.dz/psychiatrie-coloniale-en-algerie-le-dr-ali-halitim-devoile-une-histoire-douleureuse-longtemps-occultee/">Psychiatrie coloniale en Algérie : le Dr Ali Halitim dévoile « une histoire douleureuse longtemps occultée »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.tdmsanteinov.dz">tdmsanteinov</a>.</p>
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<p><b>Dans un entretien exclusif accordé au journal l&#8217;Est Républicain Algérie réalisé par Kamel Benaiche, le psychiatre algérien, Dr Ali Halitim, revient sur son ouvrage de plus de 800 pages consacré aux pratiques de la psychiatrie durant la colonisation. Il affirme que les malades algériens ont été victimes d’un système marqué par la discrimination, les théories raciales et des pratiques parfois assimilées à la torture.</b></p>
<p>Une page sombre et largement méconnue de l’histoire coloniale algérienne. C’est celle que le Dr Ali Halitim, psychiatre et ancien président du conseil scientifique de l’hôpital psychiatrique de Sétif, a choisi d’explorer dans son nouvel ouvrage, <i>Le Primitif et l’Homme : de la psychiatrie coloniale en Algérie</i>.</p>
<p>Fruit de deux années de recherches et de travail intensif, ce livre de plus de 800 pages propose une lecture critique de la psychiatrie pratiquée en Algérie durant la période coloniale. Dans cet entretien, le spécialiste évoque un système qui, selon ses recherches, ne se limitait pas à la prise en charge des malades, mais participait également à la construction et à la légitimation de l’ordre colonial.</p>
<h3><b>Une mortalité « vertigineuse » dans les asiles</b></h3>
<p>L’une des conclusions les plus marquantes avancées par le Dr Halitim concerne le sort des malades algériens transférés vers les asiles psychiatriques en France.</p>
<p>Selon lui, des travaux et archives de l’époque font apparaître une forte différence de mortalité entre patients algériens et européens. Alors que certains historiens français ont évoqué un taux de mortalité de 50 % chez les malades algériens transférés, contre 13 % chez les Européens, ses propres recherches l’ont conduit à une estimation encore plus alarmante.« <em>Au moins 90 % des malades mentaux algériens transférés mouraient</em> », affirme-t-il.</p>
<p>Le psychiatre s’interroge sur les causes d’une telle surmortalité, soulignant que la maladie mentale ne conduit généralement pas, à elle seule, à un taux de décès aussi élevé dans un cadre hospitalier. Il qualifie ce phénomène, dans son ouvrage, d’« <em>Holocauste algérien</em> », une expression forte destinée à mettre en lumière ce qu’il considère comme l’une des tragédies oubliées de la période coloniale.</p>
<h3><b>Des maristans supprimés et un accès limité aux soins</b></h3>
<p>Le Dr Halitim rappelle que l’Algérie disposait, avant la colonisation, de structures traditionnelles de prise en charge, notamment les maristans. Ces établissements auraient progressivement disparu après l’occupation française, laissant les malades sans véritable dispositif d’assistance.</p>
<p>La construction d’institutions psychiatriques modernes a, quant à elle, été tardive. L’hôpital psychiatrique de Blida-Joinville n’a ouvert qu’en 1938, soit plus d’un siècle après le début de la colonisation, a t-il rappelé. Selon le psychiatre, cette offre restait très limitée et inaccessible à une grande partie de la population algérienne, particulièrement dans les zones rurales.</p>
<p>De la création de l’établissement de Blida jusqu’à l’indépendance, environ 11.000 patients y auraient été admis, précise-t-il. Plus de la moitié étaient européens, alors que ces derniers ne représentaient qu’une minorité de la population. Pour les Algériens vivant dans les campagnes, l’accès aux structures psychiatriques demeurait, selon lui, extrêmement difficile.</p>
<h3><b>L’École psychiatrique d’Alger et la théorie du « primitivisme »</b></h3>
<p>Au cœur de l’analyse du Dr Halitim figure l’École psychiatrique d’Alger, associée notamment à la figure d’Antoine Porot. Si cette école a introduit certaines innovations organisationnelles, comme les « <em>services libres</em> » ou services de première ligne, son héritage est également marqué, selon l’auteur, par la théorie du « <em>primitivisme</em> ».</p>
<p>Cette conception présentait les Algériens comme des individus psychologiquement et intellectuellement différents, supposément plus impulsifs, moins évolués et davantage prédisposés à certaines formes de comportements.</p>
<p>Pour le Dr Halitim, cette théorie ne relevait pas de la réalité clinique mais de la pseudo-science. Il souligne notamment qu’une étude portant sur un échantillon de dossiers médicaux de patients algériens hospitalisés à Blida n’aurait identifié que deux diagnostics correspondant au</p>
<p>« <em>primitivisme</em> ». Un élément qui, selon lui, démontre le caractère essentiellement idéologique de cette construction théorique.</p>
<h3><b>« Une discrimination inscrite dans l’organisation même de l’hôpital »</b></h3>
<p>La séparation entre patients européens et algériens ne se limitait pas, selon l’auteur, aux discours médicaux.</p>
<p>Les établissements psychiatriques reproduisaient également les divisions de la société coloniale. Les patients dits « indigènes » et les Européens étaient séparés dans des services distincts et soumis à des conditions de prise en charge différentes.</p>
<p>Le Dr Halitim évoque également des archives médicales faisant état de violences et de pratiques coercitives. Parmi les exemples les plus troublants figurent, selon lui, des utilisations de l’électricité en dehors de toute finalité thérapeutique.</p>
<p>Dans certains dossiers, affirme-t-il, des médecins notaient l’application de décharges électriques sur les jambes de patients, une pratique qu’il assimile à de la torture.</p>
<p>Ces pratiques illustreraient, selon lui, la manière dont la psychiatrie pouvait, dans certains cas, devenir un instrument de contrôle et de répression plutôt qu’un simple outil de soins.</p>
<h3><b>La psychiatrie au service de l’ordre colonial</b></h3>
<p>Pour le psychiatre algérien, les institutions psychiatriques ne peuvent être analysées indépendamment du contexte politique de la colonisation. L’École psychiatrique d’Alger aurait participé à la production d’un discours visant à présenter les Algériens comme inaptes à exercer pleinement leurs droits ou à accéder à certaines formes de reconnaissance politique.</p>
<p>Après la Première Guerre mondiale, ces théories auraient notamment été utilisées pour dévaloriser le rôle des soldats algériens engagés aux côtés de la France et pour minimiser les conséquences psychologiques et physiques des combats. Dans les années 1930, ces mêmes conceptions auraient également nourri les débats sur l’accès des Algériens à certains droits politiques,  a t-il mentionné.</p>
<p>Durant la Guerre de libération nationale, le Dr Halitim affirme que certains psychiatres ont participé au dispositif colonial à travers des interrogatoires, des actions de propagande et des stratégies de guerre psychologique.</p>
<p>La psychiatrie aurait ainsi constitué, à différents moments, «<em> un instrument de production du savoir colonial, de légitimation de la hiérarchie coloniale et de maintien de l’ordre établi</em> ».</p>
<h3><b>Des expérimentations sur les patients algériens</b></h3>
<p>L’entretien aborde également la question des traitements et des expérimentations pratiqués dans les établissements psychiatriques.</p>
<p>Le Dr Halitim estime que certaines méthodes nouvelles ont été appliquées de manière massive sur les patients algériens, parfois sans les précautions nécessaires.</p>
<p>Il évoque notamment le recours à l’électrothérapie, y compris chez des patients fragiles ou présentant des pathologies associées, ainsi que des pratiques expérimentales sur des malades.</p>
<p>Pour lui, cette histoire ne peut être dissociée du rapport profondément inégalitaire qui caractérisait la médecine coloniale.</p>
<h3><b>Des voix critiques, de Khalil Abdessalam à Frantz Fanon</b></h3>
<p>La remise en question de la psychiatrie coloniale n’a toutefois pas commencé uniquement après l’indépendance.</p>
<p>Le Dr Halitim cite notamment le médecin algérien Khalil Abdessalam, qui avait, dès 1927, consacré une thèse critique aux théories de l’École d’Alger. D’autres médecins du Maghreb avaient également contesté les théories raciales appliquées à la psychiatrie.</p>
<p>Mais la critique la plus connue demeure celle de Frantz Fanon, psychiatre et penseur anticolonial, dont les travaux ont profondément renouvelé la réflexion sur les liens entre violence, domination coloniale et souffrance psychique.</p>
<h3><b>« Restituer sa place au malade mental algérien »</b></h3>
<p>À travers son ouvrage, le Dr Ali Halitim dit vouloir proposer une lecture algérienne de cette histoire, longtemps écrite principalement à travers des sources et des interprétations européennes.</p>
<p>Son objectif, explique-t-il, n’est pas seulement de retracer l’histoire des institutions ou des théories psychiatriques, mais de redonner une place aux patients algériens eux-mêmes, souvent absents des récits historiques.</p>
<p><i>Le Primitif et l’Homme : de la psychiatrie coloniale en Algérie</i> se présente ainsi comme une contribution à la réouverture d’un débat sur les rapports entre médecine, science et pouvoir durant la période coloniale.</p>
<p>À travers les archives, les dossiers médicaux et l’analyse des théories de l’époque, le psychiatre invite à regarder en face une réalité longtemps méconnue : celle d’une médecine qui, lorsqu’elle s’est inscrite dans un système de domination, a pu elle-même devenir un vecteur de discrimination, de contrôle et de violence.</p>
<p>Une histoire douloureuse, mais nécessaire à connaître pour mieux comprendre l’héritage de la psychiatrie coloniale en Algérie et rendre justice à ceux dont la souffrance est restée, pendant des décennies, sans véritable voix.</p>
<p><strong>Djamila Kourta</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://www.tdmsanteinov.dz/psychiatrie-coloniale-en-algerie-le-dr-ali-halitim-devoile-une-histoire-douleureuse-longtemps-occultee/">Psychiatrie coloniale en Algérie : le Dr Ali Halitim dévoile « une histoire douleureuse longtemps occultée »</a> est apparu en premier sur <a href="https://www.tdmsanteinov.dz">tdmsanteinov</a>.</p>
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